Ce huitième de finale entre la République démocratique du Congo et l’Algérie, programmé le 6 janvier à Rabat, s’annonce comme un match de maîtrise plus que de débordement. Les données issues de la phase de groupes et de la préparation des deux équipes dessinent un duel serré, méthodique, typique des matches à élimination directe où l’erreur se paie cash.
L’Algérie arrive avec un bilan presque clinique. Trois victoires en trois matches, neuf points, sept buts marqués pour un seul encaissé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les Verts ont été à la fois efficaces offensivement et solides défensivement, au point d’afficher la meilleure défense du tournoi ex æquo avec le Maroc, l’Égypte et le Sénégal. Riyad Mahrez a porté l’animation offensive, avec trois buts inscrits, tandis qu’Anis Hadj Moussa s’est illustré comme meilleur passeur, notamment lors de la victoire face à la Guinée équatoriale.
Mais derrière ce tableau flatteur, la préparation algérienne révèle aussi une lecture prudente du rendez-vous à venir. Vladimir Petkovic a insisté ces derniers jours sur un travail spécifique : les tirs au but. Des séances prolongées, répétées en fin d’entraînement, avec un accent particulier mis sur la gestion de la pression. Le gardien Luca Zidane a été longuement sollicité. Ce choix n’est pas anodin : il traduit l’anticipation d’un match fermé, susceptible de se jouer au-delà des 90 minutes.
L’Algérie prépare aussi ce huitième avec un groupe diminué. Plusieurs défenseurs manquent encore à l’appel à l’entraînement, même si les examens médicaux se veulent rassurants à moyen terme. À l’approche du match contre la RDC, le staff algérien reste prudent, conscient que l’intensité de la compétition monte d’un cran.
En face, la RDC avance avec une autre forme de solidité. La CAF a retenu Axel Tuanzebe dans le onze type de la phase de groupes, signe de prestations jugées convaincantes face au Bénin et au Sénégal. Ce choix situe clairement l’un des points forts congolais : la stabilité défensive et la capacité à contenir des adversaires réputés plus techniques.
Sébastien Desabre, qui a supervisé l’Algérie lors de son match contre la Guinée équatoriale, affiche un discours mesuré mais précis. Il souligne la qualité technique des Verts, leur goût pour le jeu offensif, tout en rappelant le classement FIFA : l’Algérie troisième nation africaine, la RDC huitième. Un écart réel, mais pas rédhibitoire. Le sélectionneur congolais insiste surtout sur la préparation interne : plusieurs systèmes travaillés, une capacité à s’adapter, et une concentration assumée sur le collectif plutôt que sur l’adversaire.
La RDC doit s’attendre à un match verrouillé, rythmé par des séquences de contrôle algérien et des phases où la rigueur congolaise sera déterminante. Peu d’espaces, beaucoup de duels, une importance accrue des coups de pied arrêtés et, possiblement, un dénouement tardif. Tout indique un huitième de finale tendu, indécis, où la qualification se jouera sur la discipline, la lucidité… et peut-être, comme l’Algérie s’y prépare, à l’épreuve des tirs au but.