À Kikwit, le lancement du courant électrique produit par le barrage de Kakobola ne fait plus l'objet de débat. Le découragement semble gagner les esprits de plus d'un habitant, alors que ce projet était jusqu'alors jugé salvateur pour la ville économique du Kwilu. Ici, les espoirs continuent à s'éteindre tels les lampes, après plusieurs promesses de lancement du courant électrique non tenues par le Gouvernement.
Parmi les principaux obstacles au lancement figurent des contraintes financières. Aux dernières nouvelles, la Cellule de gestion des centrales de Katende et Kakobola cumule plus de sept mois d'arriérés de frais de fonctionnement. Certaines factures de la société Angélique, chargée de la partie production et, dans le cadre des travaux de maintenance de la centrale, ne sont pas payées. La situation est pareille pour la société Wapcos, qui est l’ingénieur-conseil du projet, et pour MEK et APS, chargées du transport des lignes haute tension. Selon les équipes techniques, le taux d'exécution de la partie technique s'évalue à 99 %. Rien ne peut donc justifier un blocage du lancement de l'énergie électrique. Autre contrainte : le silence prolongé autour de la société devant assurer la distribution, qui n'est toujours pas connue.
Pendant ce temps, les espoirs ne font que s'envoler au sein de la population, notamment à Kikwit.
Dans les rues, plus personne ne veut répondre aux questions du reporter d’Actualité.cd à ce propos. Certaines femmes interrogées près du Stade du 30 Juin ont eu des mots clairs pour exprimer leur refus catégorique.
« Nous n'allons plus parler de cette histoire, nous avons attendu jusqu'à fatiguer », a déclaré Nadège Kinda, vendeuse au marché près du Stade du 30 Juin.
Pour la société civile urbaine, le dossier « fâche et énerve ». Laurent Bwenia explique que le courant électrique est le seul déclencheur du développement de la ville de Kikwit, mais que le sujet n'est évoqué que lors des grands événements et des périodes électorales.
« C'est un dossier qui énerve et qui fâche. Parce que Kikwit attend ce courant-là pour booster son économie. Beaucoup de gens attendent pour installer des activités commerciales importantes, mais rien ne se fait. On n'en parle que lors des grands événements ou peut-être quand les élections approchent. Comme maintenant, on parle de la 13e session de la Conférence des gouverneurs, on veut en parler pour nous montrer qu'on s'en occupe et pourtant, rien ne se fait », a déclaré le président urbain de la société civile, Laurent Bwenia.
Interrogé, le député provincial Paulin Kiyankayi reste plutôt optimiste, malgré la longue attente. Pour lui, le courant électrique de Kakobola est attendu tel le retour de Jésus-Christ.
« La population ne fait qu'attendre comme le retour de Jésus. La population a ses pagnes à même le sol pour recevoir celui qui viendra concrétiser le courant de Kakobola. La population ne fait que l'insomnie, le somnambulisme, la rêverie. Et la même population continue à rêver la concrétisation de ce courant », a déclaré l'élu de la ville, Paulin Kiyankayi.
Le barrage de Kakobola, d'une capacité de 10,5 mégawatts, doit desservir en électricité les territoires de Gungu et d’Idiofa ainsi que la ville de Kikwit.
Jonathan Mesa