Il y a des soirs où l’histoire se plie sous le poids de la volonté. À Rabat, la RDC a arraché une victoire héroïque contre le Nigeria au terme d’une finale irrespirable, conclue aux tirs au but, et s’offre le droit de disputer le barrage intercontinental du Mondial 2026. Un exploit monumental, né d’un sursaut inattendu après trente premières minutes d’immense souffrance.
Un début de match cauchemardesque
La rencontre n’a pas eu le temps de s’installer. Dès la 3e minute, une relance plein axe d’Arthur Masuaku offre au Nigeria une première balle de contre. Frank Onyeka déclenche une frappe à l’entrée de la surface, déviée par Axel Tuanzebe dans ses propres filets. 1-0, les Congolais sont immédiatement douchés.
Les premières minutes sont totalement à l’avantage des Super Eagles. Chukwueze multiplie les percussions, Ndidi frappe, les centres s’enchaînent. À la 24e minute, Lookman dépose un ballon parfait dans la surface… mais Chukwueze et Ndidi se gênent, déclenchant la colère d’Osimhen, posté seul au deuxième poteau. Le 2-0 était tout proche.
La RDC subit, puis surgit
Malmenés, incapables d’aligner trois passes, les Léopards ne se procurent rien… jusqu’à cette 32e minute où tout bascule : un une-deux ciselé entre Cédric Bakambu et Meschack Elia fait sauter le verrou. Dans l’axe, l’ailier congolais conclut et ramène les siens à 1-1. La seule occasion congolaise du premier acte se transforme en égalisation.
Le but change tout : la RDC joue plus haut, s’installe enfin dans la moitié adverse. Le Nigeria, lui, se montre moins incisif malgré une tentative d’Osimhen (38e). La pause intervient sur ce score de 1-1, qui n’aurait jamais dû être celui d’une première période si déséquilibrée.
La blessure d’Osimhen et la métamorphose congolaise
L’image surprend à la reprise : Victor Osimhen ne revient pas. Remplacé par Akor Adams, l’attaquant nigérian est peut-être touché. L’équilibre du Nigeria s’en ressent.
La RDC, elle, joue désormais libérée. Sadiki bute sur un défenseur, Bakambu manque de peu le second poteau sur corner (53e), les Léopards réclament même un penalty (56e). Tout semble inversé : le Nigeria recule, la RDC accélère.
À l’heure de jeu, Bakambu cède sa place à Fiston Mayele pour les trente dernières minutes d’un match désormais renversé.
Le siège congolais et les regrets nigérians
À partir de la 76e minute, la RDC monopolise le ballon, étouffe son adversaire et pousse pour marquer. Cipenga, entré en jeu, manque de profiter d’une erreur énorme avant d’être signalé hors-jeu (84e). Wan-Bissaka tente un retourné acrobatique à l’entrée du temps réglementaire (90e), sans succès.
Les Nigérians, eux, vivent sur un fil. La peur de concéder le but fatal tétanise les deux équipes. Le duel file vers la prolongation.
Une prolongation dominée par la RDC
La tendance se confirme dès la 93e minute : la RDC assiège la surface nigériane. Mayele est trop court sur un ballon en profondeur. À la 94e, il pense donner l’avantage aux Léopards… mais l’arbitre avait sifflé une faute sur Nwabali. Pas de VAR : un moment lunaire.
Les minutes passent, toujours la même physionomie : pression congolaise, imprécisions dans le dernier geste. À la 101e, Mayele enchaîne contrôle-frappe… au-dessus. Le Nigeria, invisible, surgit enfin à la 103e minute : Arokodare catapulte une tête juste au-dessus. Un quasi hold-up.
La première prolongation s’achève, la RDC domine mais ne marque pas.
Dans la deuxième, un nouveau moment de confusion à la 109e : le ballon rebondit sur Sadiki et finit au fond… avant que l’arbitre n’annule le but pour une faute préalable. Toujours pas de VAR. Toujours 1-1.
Rien n’y fait : la séance de tirs au but décidera du destin des deux nations.
La séance de tirs au but : Fayulu héros, Mbemba délivre une nation
Le Nigeria commence… et envoie sa première tentative au-dessus. Entré pour la séance, Fayulu respire.
Mais Moutoussamy manque lui aussi. Tout reste ouvert.
Fayulu détourne le deuxième tir nigérian. Immense.
Sadiki transforme. 1-1.
Le Nigeria égalise. 2-2.
Tuanzebe manque. 2-2 toujours.
Le Nigeria marque son quatrième tir. 3-2.
Mayele répond avec sang-froid. 3-3.
Le Nigeria transforme son cinquième. 4-3.
Balikikwisha égalise encore. 4-4.
Et puis l’instant qui change tout : Fayulu arrête le sixième tir nigérian. Rabat explose.
Chancel Mbemba pose le ballon, respire, s’élance… et envoie la RDC au paradis.
Le capitaine transforme, la RDC s’impose. 5-4.
Une qualification monumentale
La RDC disputera le barrage intercontinental en mars, au Mexique.
Une victoire arrachée au courage, à la force de caractère, au bout d’une soirée où elle aurait pu sombrer puis où elle a tout renversé. Les Léopards n’ont pas encore gagné leur ticket pour le Mondial 2026.
Mais ils viennent de signer l’un des exploits les plus marquants de leur histoire récente.