Les scrutins du 20 décembre 2023 en République Démocratique du Congo étaient au centre des échanges entre Vital Kamerhe, membre du Présidium de l'Union Sacrée pour la Nation et la mission d'observation électorale de la Diaspora africaine. À l'issue des échanges, Vital Kamerhe, qui s'est félicité de l'inclusion caractérisant ce processus électoral, a exprimé sa satisfaction de voir un challenger comme Moïse Katumbi Chapwe les affronter lors de l'élection présidentielle.
En attendant l'officialisation des résultats par les organes compétents, Vital Kamerhe note qu'avec la stratégie politique mise en place par sa famille politique, Moïse Katumbi n'a pas de chance de gagner la présidentielle.
"Dans le mental de certains membres de l'opposition et même la plupart des Congolais, ils étaient convaincus que Moïse Katumbi ne serait pas candidat, qu'il serait rejeté par la Cour constitutionnelle. On l'a accepté, et moi j'étais l'homme le plus heureux parce que j'aime toujours m'affronter à des forts. Si vous êtes une grande équipe et que vous avez en face de vous une petite équipe, le challenge ne vaut rien du tout. Donc, nous avons mené un combat démocratique sur le terrain. On a senti effectivement que l'adversaire existait sur le terrain, mais le système de jeu d'encerclement que nous avons adopté ne lui a pas laissé beaucoup de chances," a déclaré Vital Kamerhe devant la presse vendredi 29 décembre 2023.
Et de poursuivre :
"Il était seul à circuler dans ses jets, il ne pouvait pas atterrir, à part à Kasongo, je l'ai vu, mais atterrir sur des pistes trop compliquées ou faire des centaines de kilomètres sur des routes complètement défoncées, ça, nous l'avons fait. Les résultats, nous attendons. Je ne veux pas anticiper. Beaucoup commencent déjà à nous féliciter, car c'est un secret de polichinelle : la CENI a choisi la méthode qui avait été édictée par l'opposition et consacrée dans la loi, c'est-à-dire bureau par bureau, et donc nous savons ce qui se passe régulièrement."
Pour Vital Kamerhe, si leur candidat à l'élection présidentielle est confirmé et après l'investiture, la prochaine étape sera de travailler pour assurer la cohésion nationale mais aussi rompre avec les pratiques du passé. "Il faut vraiment maintenant que nous nous battions, c'est-à-dire nous Congolais, pour consolider la cohésion nationale parce que les élections n'ont pas réglé la question de l'occupation de Masisi, de Rutshuru et une partie de Nyirangongo. Nous devons renforcer notre cohésion nationale, tout en sachant que nous avons encore des défis sécuritaires à relever. Nous devons, autour du Président Félix Tshisekedi, nous qui sommes proches de lui, lui rappeler d'abord lui-même, il le sait, qu'une fois proclamé par la CENI, il devient le Président de tout le monde, de ceux qui ont voté pour lui, et de ceux qui ne l'ont pas voté. Il est le garant de la nation et le garant des droits de tous les Congolais," a fait savoir Vital Kamerhe.
Et d'ajouter : "Je voudrais, et c'est mon rêve, après l'investiture, que nous puissions amorcer un nouvel élan qui va faire la rupture avec le passé. Pas de chasse à l'homme, pas d'interdictions inutiles, pas de refus des papiers à certaines personnes parce qu'appartenant à une autre classe politique. Je crois que tout cela, connaissant bien le Président Félix Tshisekedi, il va le faire, mais ceci dit, nous devons aussi nous, en tant que collaborateurs, emboîter les pas au Chef, et là je peux vous dire que nous aurons un Congo où il fera bon vivre."
Les principaux candidats à l'élection présidentielle, notamment Moïse Katumbi Chapwe, Martin Fayulu Madidi, Denis Mukwege Mukengere, et d'autres, rejettent en bloc les résultats des scrutins du 20 décembre 2023 et demandent son annulation pure et simple à la suite des irrégularités soulevées dans plusieurs rapports des missions d'observation électorale. La Commission Électorale Nationale Indépendante a publié les résultats provisoires de l'élection présidentielle. Ensuite, s'ouvrira l'étape des contentieux devant la Cour constitutionnelle, qui, à son tour, devra rendre l'arrêt d'ici le 10 janvier 2024 et 10 jours après, soit le 20 janvier 2024, le nouveau Président va prêter serment.
Clément MUAMBA