Patrick Muyaya : Denis Mukwege est candidat "peut-être"suite à la prise en charge de son combat par l'État

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Patrick Muyaya, Ministre de Communication et Médias

Des tensions verbales sont apparues récemment entre le régime de Félix Tshisekedi et le candidat à la présidence, Denis Mukwege. Réagissant à ces échanges, Patrick Muyaya, Porte-parole du gouvernement, a qualifié la situation de normale dans une démocratie à l'approche des élections prévues en décembre.

"C'est nous qui vous disons que les opposants doivent quitter la périphérie, mais vous avez vu les premiers pas de certains d'entre eux et la manière dont ils ont commencé. Le Président de la République, qui d'ailleurs n'était pas agressif, a simplement rappelé un certain nombre de choses. Dans le cadre normal d'une campagne électorale, il faut s'attendre à ce que lorsque vous vous aventurez sur des terrains dangereux, vous puissiez avoir une riposte. Surtout lorsque je regarde le Docteur Denis Mukwege, je pense qu'il aurait fait le choix, en tant qu'autorité morale et Prix Nobel, de rester à un niveau où l'on cherche des conseils. Lorsqu'il décide de se lancer dans l'arène, il commet des erreurs, notamment sur la question du genre, qui est choquante. Je considère que Denis Mukwege doit maintenant être prêt à être challengé, car il aspire à devenir Président de la République", a déclaré Patrick Muyaya lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre de la Santé publique, de l'Hygiène et de la Prévention, le 9 octobre 2023.

Patrick Muyaya a souligné que l'État prend désormais en charge les activités liées à la lutte pour laquelle Denis Mukwege était renommé, grâce à la création du Fonds de réparation des victimes (FONAREV) et à la mise en place d'une direction appropriée. Il estime que Denis Mukwege ne maîtrise pas bien l'histoire de l'enfance de l'actuel Chef de l'État, Félix Tshisekedi.

"Le Docteur n'a plus grand-chose à faire concernant son combat, car aujourd'hui le FONAREV a été créé et une direction a été mise en place pour résoudre ces questions. C'est peut-être pour cette raison qu'il a choisi de se porter candidat, car l'État prend en charge ce qu'il faisait régulièrement. Je remarque qu'il ne connaît peut-être pas l'histoire de l'enfance du Président de la République, qui a connu une période difficile, l'exil et la relégation. Lorsque la campagne électorale arrivera, nous souhaitons des débats pour discuter des questions de fond", a ajouté Patrick Muyaya.

Le Porte-parole du gouvernement a également conseillé aux opposants de bien suivre l'action du gouvernement actuel pour se préparer à le succéder.

"Il faut considérer que des choses doivent être recadrées, et que les uns et les autres doivent comprendre que le débat politique doit porter sur les choix que nous avons faits. Quoi qu'il en soit, ceux qui aspirent à arriver là où nous sommes actuellement devront hériter de ce que nous aurons laissé. Je suggère humblement au Docteur Mukwege, comme je l'ai dit dans le Haut Katanga, de lire beaucoup sur ce que nous avons accompli, car il sera jugé plus sévèrement que les autres. Il avait prétendu avoir suffisamment d'autorité pour aborder certaines questions. À chaque fois qu'il prend la parole, il doit présenter des idées utiles pour nous faire avancer, sinon le peuple le jugera le moment venu", a conclu Patrick Muyaya.

Félix Tshisekedi et Denis Mukwege font partie des 24 candidats retenus pour l'élection présidentielle prévue en décembre 2023. Ces échanges tendus entre les deux camps illustrent l'intensité de la prochaine campagne électorale en République Démocratique du Congo.

Clément MUAMBA