RDC : PNUD et CAFCO relancent « Mardi du développement », un espace dédié à faire avancer la mise en œuvre des ODD

Photo/ Actualité.cd
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Le 01 juin à Kinshasa, en partenariat avec le cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a organisé une session de relance du cadre de réflexions autour des questions stratégiques et programmatiques de développement. Appelé « Mardi du développement », cette rencontre a réuni des acteurs et actrices politiques, des gestionnaires d' entreprises publiques et des membres de la société civile.   


« L’objectif est d’offrir un cadre pour le partage d’idées et de bonnes pratiques pouvant stimuler des transformations structurelles telles que la gouvernance démocratique et économique, la croissance du produit global, l’offre publique d’infrastructures et de services sociaux de base, la promotion de l’égalité et de l’équité de genre, la gestion de l’environnement et des ressources naturelles, la digitalisation, l’innovation, l’emploi, l’inclusion, etc,» a dit Damien Mama, Représentant Résident du PNUD-RDC. 


En effet, la résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies 72/279 du 31 mai 2018 confère au PNUD, la mission de servir de plateforme d’appui du système des Nations Unies et lui dédie la fonction d’intégrateur afin d’aider les pays à mettre en œuvre l’agenda 2030 pour le développement durable. C’est donc pour cette raison que le bureau pays de la RDC a mis en place cette plateforme. 


Interrompue depuis une année maintenant, la session a repris avec le thème « Réussir avec les Femmes Leaders, c’est réussir le Pari du Développement de la RDC ».

A l’aube des élections, Damien Mama est revenu sur les progrès enregistrés en RDC en matière de promotion du genre avant de faire remarquer que les femmes élues au scrutin législatif n’ont été  que de 13% à l’Assemblée nationale et un peu moins d’un quart pour le Sénat, soit 23,8%.

Au niveau des Assemblées provinciales, moins de 11% des députés provinciaux, trois provinces (Equateur, MaÏ-Ndombe et Sud Ubangi) sur les 26 ne comptent aucune femme députée, seulement 15% des membres des gouvernements provinciaux sont des femmes, avec le cas extrême de trois provinces (Kasaï, Mai-Ndombe et Sankuru) qui n’ont aucune présence féminine au sein de leurs gouvernements.

Dans l’Administration publique, les femmes représentent moins de 14% au niveau des secrétaires généraux, soit 10 femmes sur les 74.


Et de renchérir, « il est nécessaire que les femmes à tous les niveaux de la pyramide institutionnelle, se soutiennent et cessent de travailler en solo afin d’affronter de manière collective la bataille pour l’élargissement du leadership de la femme dans la société congolaise. J’en appelle à une vaste coalition nationale pour la promotion de l’agenda du genre, et conséquemment des ODD ». 


Le Vice-Premier Ministre Jean-Pierre Lihau a également pris part à cette rencontre. Dans son mot d’ouverture, il a souligné la mise en place  au sein de son cabinet, d’une commission spéciale chargée de l'élaboration d'une véritable « Stratégie d'égalité de genre au sein de l'Administration Publique ». Il a également lancé un appel à lutter contre les discriminations.


« Je voudrais vous dire que votre rôle, en tant que femme leader, est crucial. Vous êtes des modèles, des pionnières et, à ce titre, vous constituer, pour toutes ces autres femmes, jeunes ou adultes, des véritables sources d'inspiration. Vous avez la responsabilité, par votre succès et votre détermination, de faire germer dans la société des signaux positifs, des incitatifs et de l'engagement pour des générations présentes et futures. Il faut, dans notre pays, une génération des femmes combattantes, celles qui osent, qui franchissent le pas avec assurance, et ne reculent devant rien », a-t-il lancé aux participantes. 


Des vifs débats


Les discours ont cédé la place aux échanges. Entre les barrières qui ralentissent l’avancement des droits des femmes en RDC, le manque de solidarité entre femmes leaders, les pesanteurs des partis politiques sur les décisions des élues, l’absence de communication concernant les actions des femmes leaders ou le manque de coaching pour les femmes de la société civile, les participants ont passés des vifs moments d’échanges qui ont abouti à des recommandations. 


L’activité a duré environ deux heures. Il faut également noter que des ministres chargés du genre et de la condition féminine membres de la SADC séjournent à Kinshasa dans le cadre de leur réunion conjointe prévue ce 02 juin. Elles ont également pris part, brièvement à cette session en compagnie de Mireille Masangu Bibi Muloko, ministre congolaise du genre. La ministre d’Etat en charge de la justice Rose Mutombo était également à ce rendez-vous.  


Pour rappel, CAFCO est une plateforme des femmes de la société civile et des partis politiques engagées pour la promotion des droits humains spécifiques de la femme et la protection du bien-être de la population. L’organisation a été créée en février 2005, suite au forum d’évaluation du caucus des femmes congolaises issu du Dialogue inter- congolais de Sun City.

Prisca Lokale