RDC: l’année 2022 aussi marquée par l’utilisation des gilets explosifs en zone urbaine par des ADF

Equipements de communication des ADF récupérés par les FARDC
Equipements de communication des ADF récupérés par les FARDC

L’année 2022 a été également marquée par l’activisme des ADF en dépit de l’opération conjointe menée par les armée congolaise et ougandaise. Selon le groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, au cours de la période considérée, plusieurs attentats à l’engin explosif improvisé sont venus confirmer que les ADF avaient opté pour des opérations plus visibles et plus meurtrières en utilisant notamment des attentats-suicides, en s’appuyant sur un réseau et des cellules opérationnelles bien établis.

Les experts de l’ONU donnent quelques illustrations. Dans la soirée du 7 avril 2022, une explosion s’est produite dans un bar du quartier Mabanga Sud de Goma, également connu sous le nom de camp militaire de Katindo. Six personnes ont été tuées et au moins 16 blessées. L’explosion a été provoquée par un gilet explosif que portait une femme, qui a trouvé la mort dans l’attaque, expliquent les experts après enquête qui confirment que les ADF s’étaient appuyées sur leur réseau de collaborateurs à Goma. 

« Au moins trois individus, identifiés sous les noms de « Hassan », « Yusuf » et « Masika », faisaient partie de ce réseau et avaient reçu des instructions de Meddie Nkalubo et d’Abwakasi  Par un appel vidéo, Meddie Nkalubo a expliqué à l’autrice de l’attentat-suicide comment activer le gilet explosif. Musa Baluku et Bonge La Chuma ont également participé à la planification et à l’organisation de cette attaque, qui est la première attaque documentée des ADF à Goma impliquant un engin explosif improvisé », expliquent les experts. 

Le 6 septembre 2022, un jeune homme de 17 ans recruté par des collaborateurs des ADF a déposé un engin explosif improvisé devant le bureau de l’Agence nationale de renseignements (ANR) à Butembo. Quelques minutes plus tard, l’engin a été activé par un collaborateur des ADF, Kasero, alias Mubamba, au moyen d’un dispositif de mise à feu radiocommandé. Deux agents de l’ANR ont été blessés dans l’explosion. 

Les experts notent qu’il s’agit de la première attaque à l’engin explosif improvisé visant une cible de premier plan en milieu urbain. Ce type d’engins constitue une menace croissante en République démocratique du Congo, conclut le rapport des enquêteurs.