Une pétition a été déposée le vendredi 9 décembre, au bureau de l'Assemblée nationale. Elle est signée par une cinquantaine de députés nationaux qui veulent obtenir la levée du moratoire suspendant l'exécution de la peine de mort pour les criminels condamnés par un jugement définitif. Les signataires de cette initiative estiment que cela permettra de créer la peur de l'État et contribuera en même temps au rétablissement de l'autorité de l'État.
"Nous sommes plus de 50 députés à avoir signé une pétition pour exiger la levée du moratoire suspendant l'exécution de la peine de mort. Les pétitionnaires pensent que ça sera aussi une façon de soutenir, de renforcer les efforts de notre gouvernement à rétablir la sécurité de tous les congolais, de tout le territoire mais aussi le rétablissement de l'autorité de l'État", a expliqué le député Jadot Mangwengwe, porte-parole des pétitionnaires.
Prenant notamment l'exemple du phénomène Kuluna à Kinshasa et les massacres de Kishishe (Rutshuru au Nord-Kivu), ils estiment que le fait que ces crimes ne soient pas punis, leurs auteurs ne soient pas exécutés, ne décourage pas les autres à rejoindre le camp de criminels.
"Leur exécution permettra de créer la peur dans le camp des autres qui sont restés et le décourager à ne pas rejoindre l'axe du mal", a ajouté M. Mangwengwe.
Les pétiionnaires indiquent que c'est au parlement d’adopter le moratoire suspendant l'exécution de la peine de mort et lever ce moratoire pour permettre aux services de sécurité de bien travailler.
"Le moratoire avait été voté en 2003 au niveau du Parlement. C'est que, c'est le même Parlement qui a encore le privilège au regard de la gravité de la situation, de lever le moratoire pour permettre à nos services de bien faire leur travail. Croyez-moi, policier qui tombe sur un bandit armé et 3 mois après il retombe sur le même homme armé en train de tuer les gens. Il se dit que ce criminel avait été ramené à l'auditorat. L'Auditeur vous dit que je l'avais condamné à mort, mais, je ne pouvais pas l'exécuter parce qu'il y a un moratoire. Voilà pourquoi il a été gardé en prison et par la suite, un groupe de bandits est venu casser la prison et il a fui", explique-t-il.
Les pétitionnaires disent ne pas être contre l'abolition de la peine de mort. Cependant, ils estiment que la RDC n'est pas encore prête à signer cette abolition. Ils s'appuient notamment sur les USA qui continuent d'exécuter. Ils estiment que la RDC doit se préparer avant d'abolir la peine de mort. Ils demandent au bureau de l'Assemblée nationale d'organiser en urgence une plénière afin de lever cette mesure qui "entrave" le rétablissement de l'autorité de l'État.
Berith Yakitenge