Kinshasa : malgré l’apaisement des officiels, toujours pas de vente dans plusieurs stations-service

Pompes carburant (Image droits tiers)

Depuis près d'une semaine, il se constate une pénurie de carburant à Kinshasa, capitale de la RDC. Ce lundi 4 avril, depuis la matinée, la situation semble avoir pris une autre allure. Il n’y a pas vente dans plusieurs stations-service.

ACTUALITE.CD a fait le tour de quelques stations situées dans la commune de la Gombe.

Au niveau de la station Cobil, au croisement des avenues Colonel Ebeya et plateaux, il n'y a pas eu de vente en dépit d’une longue file de véhicules présente sur place pour s'approvisionner du carburant. Les vendeurs se sont mis à l’écart. ils se disent dans l'incapacité de satisfaire leurs clients étant donné qu'ils n'ont plus assez de stocks.

Non loin de là, du côté de la station-service ENGEN, située sur l'avenue Tabu-ley (ex-Tombalbay), il se constate une effervescence. La station est saturée par la présence d'un nombre important des motocycles, communément appelés  "Wewa",  venus  aussi s'approvisionner.

« Le carburant est rare parce que certains pétroliers disent qu'il y a hausse des prix. Donc, avant d'être servi (d'acheter), il faut d'abord soudoyer. Je suis là depuis 5h et jusqu'à présent, je n'ai pas encore été servi et je ne sais même pas si je finirai par être servi », a confié un des motocyclistes.

D’autres, par contre, pensent que cette pénurie de carburant va entraver les  occupations de certains Kinois qui, pour la plupart, ne peuvent se déplacer pour vaquer à leurs occupations qu’au moyen d’un transport en commun.

« (…). Ils disent que les stocks ont baissé. Moi, j'ai passé la nuit ici mais jusqu'à présent il n'y a pas de carburant. Mais qu'est-ce qui ne va pas au juste ? S'il n'y a pas de carburant cela perturbera aussi le transport, hors le transport est le seul moyen efficace pour le déplacement pour quiconque veut aller vaquer à ces occupations », ont-il fait savoir.

Par ailleurs, certains vendeurs font savoir qu’ils attendent le feu-vert de Sep Congo pour relancer la vente.

La tension autour de cette crise pétrolière risque de s'aggraver. Ce, étant donné que parmi les pays producteurs, il y en a un qui est véritablement partie prenante  à la crise ukrainienne. Le pays de Poutine, la Russie est le deuxième plus gros exportateur du pétrole du monde, juste après l'Arabie Saoudite. Ce qui explique largement cette pénurie de carburant en RDC plus précisément à Kinshasa.

Néanmoins, le ministère des hydrocarbures ne l’entend pas de cette oreille-là. Pour ce portefeuille géré par Didier Budimbu, ce n’est qu’une rumeur, que de parler de la pénurie du carburant. Le ministère informe que la question a déjà fait l’objet d’un échange avec les opérateurs économiques le jeudi dernier.

« Pas de hausse de prix ni pénurie du carburant ce lundi 4 avril sur toute l'étendue de la République. Le ministre des Hydrocarbures s'est entretenu avec les opérateurs pétroliers jeudi 1er avril pour débattre de la question de l'approvisionnement des produits pétroliers. A l'issue de ces pourparlers, il a tenu à rassurer la population que la situation est maitrisée en dépit de l'incidence liée à la guerre de Russie-Ukraine avec des conséquences économiques provoquant la rareté de divers produits de consommation. La rumeur faisant état d'une pénurie et d'une hausse de prix ce lundi 4 avril a été balayée d'un revers de la main par les pétroliers. En effet, il n'en est rien, son prix à la pompe est maintenu au même tarif et la pénurie n'est pas à l'ordre du jour », ont écrit, sur twitter, les services de communication du ministère des hydrocarbures.

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Ghislaine KANDA