Présidente du Cartel des femmes politiques leaders actives (CFPLA), Marie-Josée Bunsana Lunkeba a répondu ce 02 Février, aux questions du Desk Femme d'Actualité.cd à propos de la composition du prochain gouvernement. 50% de femmes, intérêts de la population, diversité d’opinions sont les fondamentaux pour elle.
« Il faut tenir compte des compétences, de la probité morale non douteuse et de l’amour du Congo. Je pense que le Chef de l’Etat ne devrait pas porter son choix sur ceux qui privilégient leurs cercles privés plutôt que de place les intérêts de la population en première position,» dit-elle.
Quel profil pour le prochain premier ministre ? Marie-Josée Bunsana suggère à Félix Tshisekedi de désigner une femme à ce poste. « Nous avons en RDC, des femmes capables et compétentes. Mais souvent lorsqu’il s’agit des postes de responsabilité, elles sont mises de côté. Nous l’avons constaté à travers le ticket proposé par l’Union Sacrée de la Nation au bureau de l’Assemblée Nationale. Sur une liste de 6 personnes, il n’y a qu’une seule femme. C’est une preuve de discrimination à l’égard de la femme congolaise ! » s’exclame-t-elle.
Tout comme le mouvement Rien Sans les Femmes, Marie-Josée Bunsana craint de voir cette situation se répéter lors de la composition du gouvernement. « L’Etat de droit, c’est aussi le fait de prendre en compte les droits des uns et des autres. L’article 14 de la Constitution de la République (Notre Loi fondamentale), évoque un partage équitable des sièges à pourvoir et invite les pouvoirs publics à encourager cela. Notre crainte actuelle est que la réalité vécue à l’Assemblée Nationale se répète au gouvernement. Depuis 60 ans, les hommes forment la majorité des animateurs au sein des institutions. Et pourtant, les résultats sont tels que nous nous retrouvons dans une succession des crises politiques. Nous voulons que le prochain gouvernement soit composé de 50% d’hommes et 50% de femmes.»
Le vendredi 24 janvier 2020, au cours d’un conseil des ministres qui s'est déroulé dans un contexte marqué par des tensions au sein de la coalition gouvernementale (FCC - CACH), le chef de l'État avait signifié qu'il "n'hésitera pas à prendre ses responsabilités en cas d'obstruction à son action". Il avait par la même occasion réitéré sa position de ne " laisser personne entraver, par diverses manœuvres, la concrétisation de l’aspiration du peuple congolais au changement."
« Si le Chef de l’Etat avait connu cette situation, c’est parce qu’au sein du gouvernement précédent, il y avait des membres qui obéissaient aux ordres de leur autorité morale », dit la présidente du Cartel des femmes politiques leaders actives. Et de poursuivre, « le FCC-CACH était une alliance infectieuse (…) et maintenant qu’elle a été rompue, nous pensons que les membres de l’Union sacrée vont travailler pour le bien-être de tous. Aussi, faudra-t-il au Chef de l’Etat de choisir des nouveaux animateurs, des nouvelles personnes pour faire partie du gouvernement.»
S'agissant des divergences de point de vue au sein de l’Union sacrée, Marie-Josée Bunsana considère que « comme dans une famille ordinaire, la diversité d’opinions doit être réelle avec pour objectif de faire prospérer la RDC.»
Pour rappel, le Cartel des Femmes Politiques Leaders Actives (CFPLA) a été créé en 2015. Les membres de ce mouvement sont cadres des partis politiques, notamment du PPRD, du MLC, du PALU, de l’UDPS, du MSR, de l’AFDC, de l’UDRC, de l’ARC, du CDC, du CDER, de la LIDEC, de LDIC, de l’UDA, de l’ABG, de l’UCP, de l’UNADEF. Le 01 décembre dernier, elles avaient célébré la cinquième année d’existence de CFPLA au cercle de Kinshasa.
Prisca Lokale