Ebola en Ituri: Kinshasa promet des réponses aux revendications des professionnels engagés dans la riposte et le ministre de la Santé bientôt sur le terrain

Photo d'illustration
L'enterrement d'un patient atteint d'Ebola

Le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a assuré que les autorités gouvernementales poursuivent leur mobilisation dans la riposte contre la maladie à virus Ebola, tout en annonçant une nouvelle mission du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, en Ituri, afin d'évaluer le déroulement des opérations sur le terrain.

Alors que la riposte est secouée par de multiples revendications des professionnels de santé, portant notamment sur le non-paiement de leurs primes et d'autres préoccupations, le porte-parole du gouvernement s'est voulu rassurant. Il a indiqué que les doléances exprimées la semaine dernière par certains acteurs engagés dans la riposte ont été examinées à l'issue d'une réunion entre le gouverneur militaire de l'Ituri et l'Incident Manager, en vue d'apporter des solutions aux différentes préoccupations soulevées.

« Nous sommes engagés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola. Nous avions entendu, la semaine dernière, les cris de certaines personnes affectées dans la riposte. Le gouverneur militaire les a réunies avec l'Incident Manager. Je crois que les préoccupations ont été prises en charge et, dans les heures qui viennent, le ministre de la Santé se rendra sur place pour s'assurer justement du bon déroulement de toutes les activités de la riposte », a déclaré mardi 7 juillet 2026 Patrick Muyaya lors d'un  briefing presse avec sa collègue de l'environnement et développement durable. 

Le ministre a également évoqué les revendications syndicales dans le secteur de la santé, affirmant que le gouvernement privilégie le dialogue tout en rappelant que la lutte contre l'épidémie constitue une priorité nationale.

« Il y avait beaucoup de bruit à Kinshasa avec des syndicats qui menaçaient de faire grève. Je pense que le ministre de la Santé a terminé une réunion. Une déclaration sera faite tout à l'heure. C'est pour dire que nous travaillons dans une dynamique d'ouverture où, lorsqu'il y a des préoccupations, celles-ci sont écoutées. Mais il ne faut pas oublier que nous avons tous une urgence collective, y compris avec vous, professionnels des médias : travailler ensemble pour mettre fin au virus qui circule », a-t-il souligné. 

Patrick Muyaya a, par ailleurs, invité les médias et la population à se référer aux communications officielles pour suivre l'évolution de la situation épidémiologique.

« J'espère que, régulièrement, vous vous abreuvez à la bonne source, celle du ministère de la Communication et médias ou du ministère de la Santé, qui communiquent régulièrement les chiffres de la maladie et son évolution. Nous avons 253 personnes guéries. Nous avons aujourd'hui atteint 81 % dans la recherche des cas contacts. L'objectif est de 95 %. Nous continuons de travailler d'arrache-pied pour améliorer chaque jour la prise en charge et apporter des solutions aux personnes qui en ont besoin », a-t-il précisé.

Le porte-parole du gouvernement a également insisté sur l'importance de la prévention et de la prise en charge précoce des malades.

« Nous rappelons également que la maladie peut être combattue par la prévention. Même s'il n'y a pas encore de traitement ou de vaccin disponibles, des essais thérapeutiques sont en cours. Si les personnes sont bien informées et se rendent rapidement à l'hôpital dès les premiers symptômes, elles peuvent être prises en charge. Je rappelle d'ailleurs que les soins gratuits ont été décrétés en Ituri afin que toutes les personnes souffrant notamment de maux de tête se rendent dans les centres de santé. La prise en charge y est assurée gratuitement afin de protéger l'ensemble de nos communautés », a souligné Patrick Muyaya.

Le 17 mai, soit deux jours après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en RDC, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié cette flambée d'urgence de santé publique de portée internationale. Centrée dans l'est du pays, cette épidémie est liée à la souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement approuvé. Elle survient dans une région confrontée aux conflits armés, un contexte qui complique davantage les opérations de riposte.

Malgré cette situation préoccupante, les autorités congolaises se veulent rassurantes et rejettent tout discours alarmiste. Elles mettent en avant les efforts déployés, en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux, pour contenir l'épidémie. Elles rappellent également l'expérience acquise par le pays dans la gestion des crises sanitaires, la République démocratique du Congo ayant déjà fait face à seize précédentes épidémies d'Ebola, toutes maîtrisées au terme d'importantes opérations de riposte.

Clément MUAMBA