RDC : Il faut se baser sur la résilience du peuple pour réinventer le projet État congolais
Les déplacés de Djugu se dirigent vers Bunia/Ph ACTUALITE.CD

Le député national Jacques Ndjoli est intervenu au forum sur la performance dans la gouvernance de la nation organisé par l'association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ) en collaboration avec l'Agence de prévention et de la lutte contre la corruption (APLC), la Coordination pour le Changement de Mentalité, deux structures de la présidence de la République.

Le professeur Ndjoli était l'orateur sur le sous thème : 60 ans après  l'indépendance, comment réinventer l'État-projet? tiré du thème: reconstruction de l'État et profil des dirigeants. Au sortir de cette séance, il a fait, à ACTUALITE.CD, le point sur ce sujet abordé.

"Le projet était, comme le dit l'exposé de motif et le préambule de notre constitution, de construire au coeur de l'Afrique un État de droit, une véritable démocratie, un État prospère au profit de sa population. Mais nous nous rendons compte que le bilan est totalement désastreux parce que le logiciel de cet État post-colonial est un État de type néo-patrimonialisé, un État dont les acteurs s'occupent de leurs propres survies et ça nous donne un État prédatocratique et les résultats sont cette arriération sur tous les plans, ce qu'on appelle un État néant, un État fantôme, un État en faillite, un État mort",  a regretté Jacques Ndjoli.

En dépit de ce bilan qu'il note macabre, il estime que le pays a un atout à capitaliser : la résilience de son peuple.

"Au delà de ce tableau noir, il y a une résilience. Une volonté du peuple congolais malgré tout ce qu'il a connu de vivre comme un peuple uni et de croire encore et d'avoir démontré depuis l'époque coloniale de sa capacité de résister à toutes les formes d'oppression,  de domination et d'occupation. C'est sur cette base de résilience qu'il faut maintenant construire ce projet, il faut le réinventer",  dit Jacques Ndjoli.

Il va plus loin. L'élu de Boende explicite la réinvention de l'État dont il parle en insistant sur le leadership.

"Cette réinvention c'est de passer de cet État post-colonial qui est la violence du frère, qui est un État de pillage et contre pillage à un État stratège, c'est-à-dire un État qui planifie le bonheur; un État réconciliateur qui va amener les citoyens à vivre dans la paix, dans l'unité de leur diversité mais dans la cohésion sociale; un État réorganisateur, c'est-à-dire un État qui se donne pour ambition de reconstruire, de refonder et de réinventer cette nouvelle république où il fera bon de vivre ensemble. Si nous changeons de logiciel et un leadership qui comprend ce projet, le Congo peut dans très peu de temps, comme la Chine l'a pu le faire ou l'Afrique du Sud, devenir une puissance au coeur de l'Afrique", explique-t-il.

Contexte

La reconstruction de l'État et profil des dirigeants, la mobilisations des ressources publiques et gestion de redevabilité, mécanisme de lutte contre la corruption, blanchiment des capitaux et détournements publics et règlement des arriérés fiscaux ou non: amnistie ou transaction? sont les thèmes composés également des sous thèmes qui abordés par différents orateurs dont le coordonnateur du CCM Jacques Kangudia; le DG de l'APLC; les professeurs Mabi Mulumba, Matata, Jacques Ndjoli, Nyembo Shabani, Sam Bokolombe; l'IGF Jules Alingeti, l'honorable Christophe Lutundula et les Procureurs Adler Kisula et Mathieu Kongolo.

Ouvertes par le premier ministre, représentant le Chef de l'État, lundi dernier, ces assises des quatre jours seront assorties des recommandations afin d'aider à l'amélioration de la gouvernance de la nation tant décriée par la société civile et des politiques.

Fonseca MANSIANGA

 

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