RDC : face aux menaces de balkanisation, Mbusa Nyamwisi invite toutes les générations à mener un combat loyal pour le maintien de l'unité du grand Congo 
Mbusa Nyamwisi en juin 2019 à Butembo pour sensibiliser contre l'épidémie d'Ebola/Ph Claude Sengenya ACTUALITE.CD

Mbusa Nyamwisi, ancien ministre des affaires étrangères de la République Démocratique du Congo (RDC) reconnaît l’existence des menaces de balkanisation du pays. Dans une interview à ACTUALITE.CD depuis l’étranger, il signale que la persistance des massacres dans les provinces de l’Est de la RDC participe à cet «odieux projet de la balkanisation du Congo».

«Il est actuellement clair comme l'eau de roche que la persistance de massacres et de l'insécurité à l'Est du pays particulièrement à Beni et dans d'autres territoires au Nord-Kivu, et même dans ceux de l'Ituri,  participe à cet odieux projet de la balkanisation du Congo. Ceux qui massacrent et tuent dans ces espaces jouent pratiquement à l'usure de toute cette zone, riche de son peuple, de ses terres, de son environnement, de son sol et de son sous-sol, une terre congolaise, pour la cueillir aussi facilement que possible... un tout petit peu l'image d'un homme qui se cabre à épouser une femme qu'il vient, à peine, de violer», dénonce Mbusa Nyamwisi.

D’après lui, le projet de balkanisation du Congo ne date pas d’aujourd’hui, mais plutôt du lendemain de l’indépendance.  Il en appelle au devoir patriotique de toutes les générations à se battre pour le maintien de l'unité du grand Congo. 

«Cette menace ne date pas d'aujourd'hui. Déjà au lendemain de l'indépendance en 1960, elle a compliqué la vie au jeune Congo indépendant qui a failli de peu pour éclater. Du Président Kasavubu et du Premier ministre Lumumba au Président Félix Tshilombo, le premier combat a toujours été le maintien de l'unité du grand Congo qui doit rester Un et Indivisible. Et chaque génération joue sa partition. La nôtre est aussi appelée, à son tour, à combattre tous les démons de la division et de se hisser en acteur historique pour être à la hauteur du défi et répondre ainsi à l'appel du devoir patriotique. Les ennemis de la République sont légions et ceux qui l'envient  le sont aussi. Ils ne désarment pas et ne désarmeront pas de sitôt. Il est de notre devoir de le comprendre, de connaître ce que nous avons comme pays, sa grandeur, sa beauté, ses richesses, sa vocation, son potentiel et ses multiples atouts ,...de le défendre en digne patriotes contre tous ses ennemis internes et externes, afin que nous puissions léguer à nos enfants et les générations futures ce que nous avons reçu de nos prédécesseurs», exhorte Mbusa Nyamwisi. 

Il salue l’engagement de plusieurs acteurs, fils du pays, dans ce combat contre la balkanisation du pays.

«Combattre avec ténacité tous ces hors la loi, tous ces criminels et toutes leurs organisations clandestines ou à surface, d'où qu'elles se trouvent, c'est mener un combat loyal et noble, disons un combat digne qui mérite d'être mené. C'est même dans cet angle que je salue ceux et celles qui, engagés sur les lignes de front, se dévouent et se sacrifient pour la patrie. Tous ces derniers jours, les voix les plus percutantes se sont levées pour mettre en garde et alerter la conscience nationale sur la menace de la balkanisation. Je pense, particulièrement aux hommes d'églises, les Évêques et les différents autres pasteurs, en Ituri, au Nord-Kivu, et ailleurs au pays, je pense même au Cardinal Ambongo lors de son passage à Beni et à Goma, voire dans sa dernière homélie à l'occasion du soixantième anniversaire de l'indépendance, le 30 juin dernier», reconnaît-il.

Ce débat sur un prétendu projet de balkanisation de la RDC a refait surface au pays après que Bukavu s’est réveillé avec des drapeaux noir-jaune-bleu accrochés aux arbres dans plusieurs endroits, notamment au carrefour ISP (Institut supérieur pédagogique), aux alentours du collège Afajiri et dans la commune d’Ibanda, drapeaux proclamant la «République du Kivu». Au même moment, une liste de 20 personnalités, influentes dans le Kivu, a fait le tour des réseaux sociaux, les présentant comme des ministres de la prétendue République.

Claude Sengenya et Yassin Kombi

 

 
 
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