L’Alliance pour le Changement (A.Ch), parti politique dirigé par Jean-Marc Kabund-a-Kabund et membre de la coalition C64 réitère son appel à un dialogue national inclusif pour sortir la République démocratique du Congo de la crise sécuritaire et politique actuelle. Son secrétaire général, Jean Paleki Tonay Atwan s’est également prononcé en faveur de la dissolution de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) estimant que cette formation politique devrait être la première concernée par les mesures annoncées contre les partis soupçonnés d’entretenir des activités militaires ou paramilitaires à l’issue de la 102e réunion du Conseil des ministres tenue à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, capitale de la RDC.
S’exprimant devant la presse à l’issue d’une matinée de travail avec les cadres du parti, le secrétaire général, Jean Paleki Tonay Atwan, accuse le pouvoir de bloquer et de retarder la convocation d’un véritable dialogue national inclusif. Selon lui, ces assises devront baliser le chemin pour l’organisation des prochaines élections, d’autant plus que le mandat de l’actuel chef de l’État Félix Tshisekedi, prendra fin en 2028 conformément à la Constitution de la République.
« La position du parti est claire, parce que cette question du dialogue inclusif n’a pas été évoquée seulement aujourd’hui. Le président national de notre parti, l’honorable Jean-Marc Kabund-a-Kabund, à sa sortie de prison, avait d’ailleurs recommandé que nous puissions aboutir à un dialogue inclusif. Et aujourd’hui, ce que le pouvoir a déjà entamé comme démarche montre qu’il n’arrive pas à nous aider pour que le pays avance. La paix ne revient pas et cela éloigne encore l’organisation des élections. Or, nous savons tous qu’en 2028, le mandat du président Félix prend fin et que nous devons organiser des élections. Donc, il est vraiment nécessaire et urgent que nous puissions organiser un dialogue inclusif », a déclaré ce dimanche 8 novembre 2026 Jean Paleki Tonay Atwan, secrétaire général de l’Alliance pour le Changement (A.Ch).
Abordant la question du dernier conclave de la coalition C64, tenu à Rome, en Italie, avec, parmi les résolutions majeures, la volonté de rencontrer l’actuel chef de l’État, Félix Tshisekedi, ainsi que l’ancien président Joseph Kabila, devenu chef rebelle du FRN, appuyé par le Rwanda, ce proche de Jean-Marc Kabund dénonce ce qu’il considère comme des intimidations du pouvoir par l’intermédiaire du ministre de l’Intérieur.
« Il a fallu aborder quelques points concernant, par exemple, le voyage du président national et de ses pairs à Rome (NDLR : conclave de la C64), ainsi que leur déplacement vers Goma pour rencontrer Joseph Kabila et aussi rencontrer Félix Tshisekedi. Vous savez, depuis que cette déclaration a été signée (NDLR : déclaration de Rome), le pouvoir a voulu commencer à intimider l’opposition », a-t-il fustigé
Poursuivant son intervention, il affirme que dans le but d’intimider l’opposition, Jacquemain Shabani a porté la question devant le Conseil des ministres, avec des menaces de dissolution des partis ayant des activités militaires, paramilitaires ou assimilées. Selon lui, le parti présidentiel, qui compterait en son sein une milice dénommée « Force du progrès » devrait être la première formation politique à être dissoute par le ministre de l’Intérieur
« Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, a porté cette question au niveau du Conseil des ministres. Cela a été débattu et, finalement, ils ont décidé de commencer à dissoudre les partis politiques qui entretiennent des activités militaires ou paramilitaires. Mais ils doivent aussi comprendre qu’avoir des milices au sein d’un parti politique est déjà anticonstitutionnel. Alors, nous pensons que la démarche de Monsieur Jacquemain Shabani vise déjà l’UDPS. Et là, en tout cas, nous sommes d’accord pour que Monsieur Jacquemain commence d’abord par dissoudre l’UDPS, parce que l’UDPS réunit déjà les éléments constitutifs de sa dissolution » a affirmé ce proche collaborateur de Jean-Marc Kabund.
Par ailleurs, Jean Paleki Tonay Atwan, secrétaire général de l’Alliance pour le Changement (A.Ch), parti politique dirigé par Jean-Marc Kabund et membre de la coalition C64 a fait savoir que cette rencontre avait permis de passer en revue les stratégies visant à renforcer l’organisation interne de sa formation politique. À l'en croire, un parti politique a le devoir de bien mener sa gouvernance, d’abord au niveau interne avant de penser un jour à travailler pour l’État
« Nous avons voulu présenter les choses à nos fédéraux ainsi qu’à nos sectionnaires, parce qu’une décision a été signée par le président national du parti, l’honorable Jean-Marc Kabund-a-Kabund, pour l’implantation de 1 062 cellules dans la ville de Kinshasa. Alors, il a fallu que moi, en tant que secrétaire général du parti, dont le comité exécutif est l’organe qui assure la gestion du parti, je donne des orientations aux entités de base. C’est ce qui nous a amenés à tenir cette matinée » a-t-il fait savoir
L’initiative de dialogue national lancée par le président Félix Tshisekedi intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires en RDC. Annoncé officiellement au mois d’août 2026 comme un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », le processus doit, selon la Présidence, traiter les causes structurelles de l’instabilité du pays et s’étendre sur une période maximale de trois mois.
Cependant, son format suscite des désaccords au sein de la classe politique. Une partie de l’opposition conteste notamment les modalités du processus et réclame davantage de garanties quant à son caractère inclusif et consensuel. La question de la préparation, de la facilitation et de la participation des différentes forces politiques et sociales demeure ainsi au cœur des divergences autour de ce dialogue
À relire :
Clément MUAMBA