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Grands Lacs : Judith Suminwa appelle à faire de la participation des femmes un levier concret pour la paix

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« Faisons de la paix une réalité vécue, et non une promesse répétée ». C’est par cet appel que la Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, s’est adressée lundi 2 novembre aux participants à la Conférence parlementaire des femmes pour la paix et le développement dans la région des Grands Lacs, organisée à Dar es-Salaam, en Tanzanie.

À l’ouverture de ces assises, la cheffe du gouvernement congolais a plaidé pour une participation effective des femmes aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits, de médiation et de reconstruction. Elle a notamment invité les États et les institutions parlementaires à dépasser la simple représentation féminine pour leur garantir une véritable influence dans les processus de décision. 

« Notre ambition doit donc être claire : passer de la représentation à l’influence. Et passer de l’influence aux résultats », a-t-elle déclaré. 

Vingt ans après la signature du Pacte de Nairobi sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs, Judith Suminwa a estimé que cette conférence devait permettre de transformer les engagements pris en actions concrètes, notamment en matière de participation politique des femmes.

Les femmes de l’Est de la RDC au cœur de son intervention

Abordant la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, la Première ministre a dénoncé les violences attribuées à l’armée rwandaise et à ses supplétifs. Elle a particulièrement évoqué les conséquences des conflits sur les femmes et les jeunes filles, confrontées aux violences, aux déplacements forcés et à la précarité.

Elle a rendu hommage à leur résilience et à leur contribution au maintien de la cohésion sociale dans les communautés affectées par les conflits.

Pour la cheffe du gouvernement, les femmes ne doivent pas être considérées uniquement comme des victimes, mais également comme des actrices incontournables dans la recherche de solutions durables aux crises qui secouent la région.

Elle a, dans ce contexte, rappelé que la paix doit notamment reposer sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, la protection des populations civiles et l'implication effective des femmes dans les processus de médiation et de reconstruction.

Sur le plan national, Judith Suminwa a réaffirmé l'engagement de la RDC en faveur de la promotion des droits des femmes, conformément à l'article 14 de la Constitution, qui consacre leur participation équitable à la vie nationale et aux institutions publiques.

Inscrivant cette orientation dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu'elle a associé à la promotion de la masculinité positive, elle a souligné que les dispositions légales doivent être accompagnées de moyens financiers et d'actions concrètes.

S'adressant aux parlementaires, elle les a notamment appelés à utiliser leurs prérogatives législatives, budgétaires et de contrôle pour lutter contre les discriminations et les violences basées sur le genre, soutenir l'éducation des filles et renforcer l'autonomie économique des femmes.

Elle a également insisté sur la nécessité d'accompagner les populations déplacées et de mieux prendre en compte la parole des femmes directement affectées par les conflits.

Un appel au dialogue et à la solidarité régionale

Prenant également la parole, le président en exercice du Forum parlementaire de la CIRGL, l'Angolais Adão Francisco Correia de Almeida, a plaidé pour le dialogue, la diplomatie et les solutions politiques durables face aux conflits qui fragilisent la région.

De son côté, le vice-président tanzanien, Deogratius John Ndejembi, qui représentait la présidente Samia Suluhu Hassan à la cérémonie d'ouverture, a insisté sur le rôle des femmes dans la prévention des conflits, le maintien de la paix et le développement durable.

Il a notamment appelé à renforcer leur présence dans les instances dirigeantes et les espaces de prise de décision, tout en encourageant la coopération entre les États de la région.