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RIF 2026 : le Think Tank RDC STRATÉGIE place les corridors de développement au cœur de l’intégration régionale

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Le Think Tank RDC STRATÉGIE a lancé, lundi 26 octobre à Kinshasa, la troisième édition du RDC Transport Infrastructure & Logistics Investment Forum (RIF 2026), consacrée au développement des infrastructures, à la souveraineté logistique et à l’intégration régionale en Afrique centrale. Organisé sous le haut patronage du président de la République, avec l’accompagnement institutionnel du ministère des Transports, Voies de communication et Désenclavement, ce rendez-vous réunit des responsables publics, des investisseurs, des opérateurs économiques et des experts autour des enjeux de connectivité et de financement des infrastructures.

Placée sous le thème « Corridors stratégiques, souveraineté logistique et intégration régionale : bâtir la puissance infrastructurelle de l’Afrique centrale », cette troisième édition se tient du 26 au 28 octobre 2026 à Kinshasa.

Dans son allocution d’ouverture, le président du Think Tank RDC STRATÉGIE, Bodom Matungulu, a souligné la nécessité de dépasser la fonction traditionnelle de transit des corridors pour privilégier leur contribution à l’économie locale.

« Nous ne voulons pas seulement être un pays traversé par des corridors où nous transportons des marchandises, mais nous voulons que ces corridors soient réellement des corridors de développement », a-t-il déclaré.

Pour le responsable du Think Tank, l'enjeu est de faire en sorte que les infrastructures profitent directement aux populations, en facilitant les échanges entre les provinces, en soutenant les entreprises nationales et en favorisant la transformation locale des ressources.

Cette orientation vise notamment à renforcer les liens entre les bassins agricoles, les zones minières, les pôles industriels et les marchés régionaux.

« Le cuivre doit pouvoir voyager ; la valeur ajoutée doit aussi pouvoir rester », a-t-il souligné, mettant en avant la nécessité d'associer le développement des infrastructures à la création de valeur en République démocratique du Congo.

Il a également insisté sur l'importance de la formation, du contenu local et de l'entrepreneuriat dans la mise en œuvre des projets.

Trois jours pour rapprocher les projets des financements

Les travaux du RIF 2026 s'articulent autour de trois axes : « Décider, construire et financer ».

Selon Bodom Matungulu, la première journée a été consacrée au lancement officiel du forum et aux échanges sur les enjeux géostratégiques des corridors logistiques en Afrique centrale.

Un panel ministériel a notamment abordé les questions relatives à la vision stratégique des infrastructures, à la connectivité régionale et aux projets transnationaux.

Les discussions doivent également permettre d'identifier les obstacles qui limitent la circulation des marchandises et la compétitivité des infrastructures.

Des représentants d'entreprises, des dirigeants de structures intervenant dans le secteur des transports et de la logistique ainsi que des experts participent aux échanges consacrés aux perspectives d'investissement.

Pour le Think Tank RDC STRATÉGIE, l'objectif est de rapprocher les décideurs publics, les opérateurs économiques et les partenaires financiers autour de projets répondant aux besoins de la population.

La troisième journée sera notamment consacrée aux questions de financement et à la clôture du forum, avec la remise des RIF AWARDS 2026.

Jean-Pierre Bemba appelle à des corridors intégrés et compétitifs

Présent à la cérémonie officielle d'ouverture, le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, a souligné le rôle des infrastructures dans la transformation économique de la RDC.

Dans son allocution, il a appelé à faire des corridors de transport des instruments de désenclavement, de compétitivité et d'intégration régionale.

Le membre du gouvernement a notamment insisté sur la nécessité de relier les bassins de production aux marchés, les zones minières aux capacités de transformation et les pôles industriels aux sources d'énergie.

Il a également relevé que le développement des corridors ne dépend pas uniquement de la construction des infrastructures, mais exige une amélioration des procédures administratives, des services douaniers et de la coordination entre les États.

« Notre responsabilité commune est de donner à cette ambition un contenu concret : des infrastructures interconnectées, des services fiables, des coûts maîtrisés et des possibilités économiques accessibles à nos populations », a-t-il déclaré.

Le vice-Premier ministre a par ailleurs appelé les participants à identifier les connexions stratégiques à renforcer, les bassins de production à mieux desservir et les réformes nécessaires pour améliorer la fluidité des échanges.

Il a également encouragé la préparation de projets susceptibles de mobiliser des financements et de produire des résultats tangibles pour l'économie nationale.

Corridors Atlantique, Lobito et réseau fluvial : des axes à mieux connecter

Dans son intervention, Bodom Matungulu a souligné que la situation du pays au cœur du continent africain ne suffit pas à garantir son intégration économique.

Selon lui, cette position doit se traduire par une meilleure circulation des marchandises, le développement des échanges entre les provinces et un accès plus efficace aux marchés régionaux.

Le président du Think Tank a notamment évoqué le corridor Atlantique, le corridor de Lobito, les ouvertures vers l'Afrique orientale et australe ainsi que le réseau fluvial du Congo.

L'articulation de ces axes représente un enjeu pour le transport des marchandises, l'approvisionnement des bassins de production et le développement des échanges avec les pays voisins.

Le gouvernement a également mis en avant la nécessité d'intégrer aux corridors les infrastructures énergétiques, les plateformes logistiques, les installations de stockage et les services numériques.

Cette approche vise à renforcer la compétitivité des chaînes de transport et à favoriser l'émergence d'activités économiques le long des infrastructures.

Emploi, formation et développement des entreprises locales

Au-delà des infrastructures physiques, le RIF 2026 accorde une attention particulière aux retombées économiques et sociales des corridors.

Bodom Matungulu a insisté sur la nécessité d'associer la formation, le contenu local et l'entrepreneuriat à la conception des projets.

Selon lui, les investissements doivent contribuer au développement des petites et moyennes entreprises congolaises, au transfert de compétences et à la création d'opportunités pour la jeunesse.

Le gouvernement a également souligné que les corridors de développement devaient permettre de rapprocher les bassins agricoles des marchés, les zones minières des capacités de transformation et les pôles industriels des sources d'énergie.

L'objectif est de faire des infrastructures un support à la production et à la création de valeur, plutôt qu'un simple dispositif de transit.

Le Think Tank RDC STRATÉGIE poursuit une dynamique engagée depuis 2022

Cette troisième édition s'inscrit dans la continuité des rencontres organisées par le Think Tank RDC STRATÉGIE depuis 2022.

Dans son allocution, Bodom Matungulu a rappelé que la deuxième édition du RIF, tenue en 2024, avait réuni plus de 250 acteurs et formulé une cinquantaine de recommandations autour des transports, de la logistique et de l'énergie.

Il a également évoqué la reconnaissance des « Soldats des infrastructures », destinée à mettre en lumière les femmes et les hommes qui contribuent à la réalisation des projets sur le terrain.

Pour cette nouvelle édition, le Think Tank entend renforcer le suivi des recommandations et encourager leur traduction en projets concrets.

L'organisation ambitionne de faire du RIF une plateforme régionale de dialogue sur les infrastructures, la souveraineté logistique et l'intégration économique.

Les délégations de plusieurs pays, notamment de l'Angola, de la République du Congo et de la Tanzanie, participent aux échanges.

Cette dimension régionale vise à favoriser la coopération entre les États et à renforcer les connexions entre les réseaux de transport.