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Dialogue national en RDC : que pensent les kinoises des recommandations de la C64 ?

Photo d'illustration

L’appel de la Coalition Article 64 (C64) à l’organisation d’un dialogue national inclusif suscite des réactions diverses au sein de l’opinion publique congolaise. À Kinshasa, les avis des femmes sur cette initiative mettent en lumière des attentes différentes, entre espoir d’un apaisement politique, scepticisme quant aux résultats attendus et exigences d’une participation plus effective aux décisions nationales.

Marie Ntil, commerçante au marché de Zigida, estime que le dialogue constitue une occasion de réduire les tensions politiques. Pour elle, la priorité reste la stabilité du pays et ses conséquences sur les activités quotidiennes.

« Nous voulons que les dirigeants trouvent une solution à leurs différends. Quand la situation politique est tendue, la population s’inquiète aussi pour son avenir. Nous, les commerçantes, avons des familles à nourrir et des responsabilités à assumer. Mais nous voulons surtout voir des résultats concrets, parce que les déclarations seules ne changent pas notre quotidien. »

Pour Grâce Tshika, étudiante dans un établissement supérieur de Kinshasa, les appels au dialogue doivent être accompagnés d’engagements précis. Elle se montre réservée quant à l’efficacité de nouvelles concertations si les préoccupations de la jeunesse ne sont pas prises en compte.

« On parle souvent de dialogue, mais nous voulons savoir ce que cela va réellement changer. Les jeunes ont besoin d’emplois, de meilleures conditions d’études et de perspectives d’avenir. Si les responsables se réunissent, ils doivent aussi penser à nous. Nous ne voulons pas seulement entendre des promesses, nous voulons voir des décisions suivies d’actions. »

À l’inverse, Béatrice Bula, membre d’une organisation de la société civile, insiste sur les garanties nécessaires à la crédibilité du processus. Elle considère que la participation des différentes composantes de la société doit dépasser le simple cadre des consultations politiques.

« Un dialogue peut être utile, mais il faut qu’il soit réellement inclusif. Les femmes, les jeunes et les organisations citoyennes doivent pouvoir exprimer leurs préoccupations librement. Il faut également que les conclusions soient suivies et que les engagements soient respectés. Sinon, on risque de se retrouver dans les mêmes discussions sans véritable changement. »

Pour Chantal Bonso, mère de trois enfants, les enjeux politiques doivent aussi être appréciés à travers leurs conséquences sur les familles. Elle attend des responsables qu’ils accordent une attention particulière à la sécurité et aux conditions de vie de la population.

« Ce qui nous intéresse, c’est de vivre en paix et de pouvoir nous occuper de nos enfants. Nous voulons que les autorités trouvent des solutions aux problèmes du pays. Le dialogue est une bonne chose si cela permet d’éviter les tensions et d’améliorer la situation. Mais il faut aussi penser à la vie des familles, à l’école, aux soins de santé et aux dépenses quotidiennes. »

Nadine Molengo, entrepreneure, partage l’importance du dialogue, tout en mettant l’accent sur les résultats attendus. Selon elle, les discussions politiques devraient également tenir compte des difficultés rencontrées par les femmes qui tentent de développer leurs activités économiques.

« Je ne suis pas contre le dialogue, mais il faut qu’il serve à quelque chose. Les responsables doivent pouvoir s’entendre sur des priorités et prendre des décisions concrètes. Les femmes qui entreprennent ont besoin d’accompagnement et de possibilités pour développer leurs activités. Nous voulons que les décisions politiques contribuent aussi à améliorer les conditions économiques et sociales du pays. »

Les opinions exprimées par ces femmes illustrent des sensibilités différentes face aux recommandations de la C64. Si certaines femmes voient dans le dialogue une possibilité d’apaisement, d’autres attendent des garanties sur son organisation, sa représentativité et ses résultats.

Au-delà de leurs divergences, la question de la participation des femmes aux discussions nationales demeure importante. Leur représentation, la prise en compte de leurs préoccupations et leur capacité à contribuer aux décisions constituent autant d’enjeux pour un éventuel processus de concertation.