La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a appelé les femmes congolaises à se mobiliser en vue du prochain dialogue national annoncé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Elle les invite à préparer des propositions concrètes sur la paix, la justice, la cohésion sociale et le développement, afin de faire entendre leurs préoccupations dans les discussions sur l’avenir du pays.
Cet appel a été lancé jeudi 22 octobre, à Kinshasa, lors d’un dialogue de haut niveau consacré au « Leadership féminin et gouvernance : la voie de l’excellence en RDC », organisé par la Ligue des femmes de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), en collaboration avec la fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES).
La rencontre a réuni plusieurs personnalités politiques et diplomatiques, dont la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, l’ambassadeur d’Allemagne en RDC, Alexander Fierley, ainsi que des représentants de la fondation FES.
Les femmes appelées à préparer des propositions concrètes
Dans son intervention, Judith Suminwa a insisté sur la nécessité pour les femmes de ne pas se limiter à une présence symbolique dans les prochaines discussions nationales.« Les femmes doivent prendre toute leur place dans ces échanges. Préparez-vous : écoutez les préoccupations de vos communautés, approfondissez les enjeux et formulez des propositions concrètes sur la paix, la justice, la cohésion sociale et le développement. Préparez-vous, non pas simplement pour être présentes, mais pour être utiles », a-t-elle déclaré.
La cheffe du gouvernement a également rappelé que l’excellence féminine ne dépend pas uniquement du niveau d’études ou de l’exercice d’une fonction prestigieuse.
« Elle se cultive partout : dans un bureau, un champ, un marché, une école ou un foyer. Elle est à la portée de chacune, même lorsque les chances de départ sont inégales », a-t-elle affirmé.
À travers cet appel, la Première ministre a mis en avant la nécessité de reconnaître les contributions des femmes dans différents secteurs de la société et de renforcer leur participation aux décisions qui concernent la nation.
Leadership féminin et gouvernance inclusive
Pour la présidente nationale de la Ligue des femmes de l’UDPS, Christine Masoni Masaka, la question du leadership féminin revêt une importance particulière dans le contexte sécuritaire actuel, marqué par les violences dans l’Est de la RDC.
Elle a notamment salué la participation des femmes aux initiatives diplomatiques et politiques visant à attirer l’attention internationale sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
De son côté, le représentant résident de la fondation Friedrich Ebert Stiftung, Constantin Grund, a estimé que l’égalité entre les hommes et les femmes constitue une condition essentielle à une gouvernance démocratique et inclusive.
« À travers le dialogue politique, la formation et la coopération avec nos partenaires congolais, nous contribuons à promouvoir une participation plus équitable des femmes et des jeunes à la vie publique », a-t-il déclaré.
La ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner a également évoqué les initiatives engagées en faveur de l’égalité des chances, notamment la promotion de la masculinité positive, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles et les efforts visant à favoriser leur accès aux responsabilités publiques.
Un accord de siège signé entre la RDC et la FES
En marge de cette rencontre, la République démocratique du Congo et la fondation Friedrich Ebert Stiftung ont procédé à la signature d’un accord de siège.
Cette étape a été saluée par l’ambassadeur d’Allemagne en RDC, Alexander Fierley, qui a remercié le gouvernement congolais pour son soutien à la fondation et souligné le rôle de la ministre des Affaires étrangères dans la concrétisation de cet accord.
Implantée à Kinshasa depuis 2020, la FES intervient notamment dans les domaines de la paix et de la sécurité, du travail décent, de l’économie équitable et de la démocratie sociale.
À travers ce dialogue, les organisateurs ont mis en avant la nécessité de renforcer la place des femmes dans la gouvernance et les processus de décision en RDC.
La participation au prochain dialogue national constitue désormais un enjeu pour les organisations féminines, appelées à structurer leurs propositions et à porter les préoccupations des communautés qu’elles représentent.