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Tibor Nagy souhaite que les USA sanctionnent également Kinshasa qui a « ses propres groupes armés », ces situations ne sont pas comparables, réagit Thérèse Kayikwamba 

Tibor Nagy et Thérèse Kayikwamba

Ce mercredi 28 octobre 2026, les États-Unis ont imposé des sanctions au ministère rwandais de la Défense pour son soutien au groupe rebelle M23 et son aile politique AFC, actif dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les sanctions touchent aussi Zigama Credit and Savings Society, une institution financière destinée aux membres des forces de sécurité du Rwanda. Elle est accusée d'avoir facilité des transactions financières pour le M23 d'une valeur de plusieurs millions de dollars, mais aussi d'avoir participé au transport d'or provenant de sites miniers contrôlés par le M23, dans l'est de la RDC. 

Cette décision vise à accentuer la pression sur Kigali afin qu’il retire ses troupes du territoire congolais et cesse son appui aux rebelles.

Réagissant à ces nouvelles sanctions, prises quelques mois après celles visant l’armée rwandaise, Tibor Nagy, ancien secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires africaines sous le premier mandat de Donald Trump (2018-2021), appelle Washington à adopter une approche plus équilibrée. Selon lui, sanctionner un seul camp ne permettra pas de mettre définitivement fin à un conflit qui perdure depuis plus de trois décennies dans la région des Grands Lacs.

« Si les États-Unis veulent agir objectivement pour mettre fin au conflit qui perdure entre le Rwanda et la RDC dans l’est du Congo, sanctionner un seul camp ne suffira pas. Le gouvernement Tshisekedi dispose de ses propres groupes armés qui menacent le Rwanda ; pourquoi ne pas sanctionner tous les fauteurs de troubles ? », a-t-il écrit sur son compte X.

Cette position a suscité une réaction de la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, qui a contesté toute comparaison des menaces invoquées par Kigali et des conséquences humaines du conflit dans l’est de la RDC. La MINAFFET congolaise ne s’est pas prononcée sur une possible existence des groupes armés propres au gouvernement, comme l'affirme M. Tibor. 

Elle a rappelé que les milliers de morts et les millions de déplacés congolais ne pouvaient être assimilés à une menace, réelle ou supposée, brandie par le Rwanda.

« Monsieur Nagy, une menace, perçue ou réelle, n’est pas équivalente à des milliers de morts et des millions de déplacés. Lorsque vous avez servi au gouvernement, auriez-vous assimilé la peur d’une attaque dans une ruelle sombre à des décennies de violence, de viol et de déplacements forcés ? « Sanctionner les deux côtés » efface cette distinction — et suggère que les vies congolaises valent moins. Elles ne valent pas moins », a réagi la cheffe de la diplomatie congolaise.

Les nouvelles sanctions américaines contre Kigali font suite à d’autres imposées en mars 2026 à l'armée rwandaise et à quatre hauts commandants militaires. Les États-Unis avaient également imposé précédemment des sanctions supplémentaires à la raffinerie d'or de Gasabo et à trois sociétés minières accusées de trafic de minerais de conflit.

James Mutuba

 

 


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