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Conseil de sécurité de l’ONU: la RDC insiste pour une meilleure représentation de l’Afrique avec deux sièges permanents et toutes les prérogatives 

Une photo d'une réunion du conseil de sécurité des Nations unies

A la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, la République démocratique du Congo, à travers sa première ministre Judith Suminwa a évoqué mercredi 23 septembre, la question de la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU, l’organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Dans un contexte international marqué par les conflits, les crises humanitaires, les inégalités et les interrogations sur l’efficacité du système multilatéral, le thème de la 81e session, « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous », appelle précisément à une adaptation de la gouvernance mondiale.

Dans son intervention, Judith Suminwa a estimé que l’Afrique ne pouvait plus rester en marge des espaces où sont prises les décisions déterminantes pour l’avenir de la planète. Elle a particulièrement insisté sur l’absence de représentants africains parmi les membres permanents du Conseil de sécurité.

« L’Afrique s’est affirmée au fil des époques comme une puissance démographique, diplomatique et géopolitique incontournable, mais elle demeure encore à ce jour insuffisamment représentée là où se prennent les décisions qui engagent l’avenir du monde. En effet, comment ne pas évoquer l’anomalie historique que constitue l’absence de l’Afrique parmi les membres permanents du Conseil de sécurité ? », s’est-elle  interrogée.

Cette revendication s’inscrit dans la position commune africaine consacrée notamment par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, qui défendent une réforme de la composition du Conseil de sécurité afin de renforcer la représentation du continent. Pour Kinshasa, l’admission de l’Union africaine au G20 constitue une évolution importante, mais elle ne répond pas, à elle seule, à la question de la représentation africaine dans les institutions internationales.

« L’admission de l’Union africaine au sein du G20 a certes marqué une avancée importante. Elle ne saurait toutefois contenir cette exigence de représentation. Membre du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027, nous réaffirmons notre adhésion à la position commune africaine, consacrée par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte : deux sièges permanents pour l’Afrique, avec toutes les prérogatives qui s’y attachent tant que subsistera le droit de veto, ainsi que deux sièges non permanents supplémentaires ; ceci afin de rendre le Conseil plus représentatif, plus légitime et, en définitive, plus efficace », a martelé la Première ministre. 

La réforme du système multilatéral ne peut cependant pas se limiter à une revendication de représentation, affirme Mme Suminwa. Elle implique également une plus grande responsabilité des États dans le fonctionnement des institutions internationales. Dans cette perspective, la RDC entend prendre part aux discussions relatives au choix du prochain Secrétaire général des Nations Unies. 

« Cette exigence de représentation va de pair avec celle de la responsabilité. Et c’est dans cet esprit que la République démocratique du Congo entend pleinement exercer la sienne, notamment dans le choix du prochain Secrétaire général, dont le mandat devra poursuivre l’effort de transformation de notre Organisation et l’adapter aux priorités d’un monde en profonde mutation ».

Par ailleurs, Judith Suminwa a appelé à la poursuite des efforts visant à transformer l’ONU et à l’adapter aux mutations du système international. Au-delà de la réforme institutionnelle, la Première ministre a replacé la situation de la RDC dans les grandes mutations qui traversent le système international.

« Pour la République démocratique du Congo, c’est précisément dans l’écart entre la confiance que nous appelons à restaurer et les transformations que nous ambitionnons d’accompagner que se mesure toute la portée de nos engagements internationaux. Notre pays se trouve au cœur de plusieurs de ces transformations et, parfois, au croisement même de leurs contradictions ».

Cette démarche de la République démocratique du Congo donne une portée plus large au message porté par Kinshasa à New York. La RDC cherche à présenter son action internationale non seulement comme une réponse à ses propres enjeux, mais également comme une contribution aux débats sur l’avenir du multilatéralisme et sur la nécessité d’une meilleure représentation du continent africain au sein du Conseil de sécurité de l’ONU.

Son mandat en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU constitue, à cet égard, un espace privilégié pour porter les questions de paix, de sécurité, ainsi que de prévention et de résolution des conflits. Lors de son installation au Conseil, Kinshasa avait notamment indiqué vouloir inscrire son mandat autour de la paix et de la sécurité, ainsi que de la prévention et de la résolution des conflits.

Clément MUAMBA

 


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