Le gouvernement congolais assure que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) parviennent à contenir les manœuvres de la rébellion de l’AFC/M23 et des Forces de défense rwandaises (RDF) sur les lignes de front dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette situation a été évoquée lors de la 98e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 11 septembre 2026, au cours de laquelle le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, intervenant au nom du vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale, a présenté un point sur la situation opérationnelle et sécuritaire dans l’est du pays. Son exposé a notamment porté sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, confrontées depuis plusieurs années à une insécurité persistante et à l’activisme de plusieurs groupes armés.
Selon le compte rendu de la réunion, le gouvernement affirme que les tentatives du M23 et des RDF visant à étendre leur emprise territoriale dans les deux Kivu ont été contenues par les forces loyalistes.
« Au sujet de la situation opérationnelle, le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, représentant le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale, a passé en revue la situation opérationnelle et sécuritaire, en revenant spécifiquement sur les détails concernant les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Il a rassuré que les manœuvres ennemies du M23 et des RDF dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, visant notamment l’occupation d’autres pans de nos territoires, se sont systématiquement soldées par un échec grâce à la détermination de nos Forces armées à contenir les adversaires sur les lignes de front » rapporte le compte rendu de la réunion
Les accusations mutuelles entre les différentes parties au conflit, notamment Kinshasa, Kigali et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, se poursuivent en dépit des initiatives diplomatiques en cours. Depuis son lancement, le processus de Doha, qui prend en charge la crise entre Kinshasa et la rébellion sous l’égide de l’État du Qatar et en appui au processus de Washington piloté par les États-Unis, demeure confronté à d’importantes difficultés dans la mise en œuvre des engagements pris par les parties. Malgré les avancées évoquées et plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et l’AFC/M23 ne sont toujours pas parvenus à rapprocher leurs positions sur les principaux points de divergence.
Les différentes étapes des rounds de discussions en Suisse, qui devaient insuffler une nouvelle dynamique aux négociations, n’ont jusqu’à présent pas produit les résultats escomptés. Les engagements pris à cette occasion n’ont pas été pleinement respectés. Les derniers engagements en date sont ceux convenus à l’issue de la retraite d’évaluation tenue du 17 au 21 août 2026 en Suisse entre les représentants de Kinshasa et ceux de l’AFC/M23.
Selon le communiqué final rendu public à l’issue de cette rencontre, les deux parties ont notamment évalué l’état de mise en œuvre de l’Accord-cadre signé à Doha et adopté une feuille de route pour la poursuite des négociations sur les différents protocoles encore en suspens, en vue de parvenir à la signature d’un accord de paix censé rétablir la paix et l’autorité de l’État dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Pendant ce temps, et en dépit de ces différentes rencontres, les accusations mutuelles se poursuivent. La rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et les forces gouvernementales continuent de s’affronter sur le terrain, tandis que le mouvement poursuit la consolidation de ses positions et de son administration parallèle dans les zones sous son contrôle. Au-delà des combats sur le plan sécuritaire, la guerre entre Kinshasa et la rébellion s’est étendue à plusieurs domaines de la vie nationale, notamment au secteur de l’éducation. Dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, des frais scolaires sont notamment instaurés, alors que Kinshasa prône la gratuité de l’enseignement primaire. Le secteur de l’enseignement supérieur et universitaire est également désormais concerné par les conséquences de cette crise.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différents protagonistes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent, sans effet notable. L’objectif de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue, en effet, d’interpréter les dispositions des accords selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre toujours plus incertaine
Clément MUAMBA