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Récurrence des incendies à Kinshasa: Félix Tshisekedi exige, dans un délai de 30 jours, un plan d’urgence et ordonne des contrôles renforcés 

Photo ACTUALITÉ. CD

La recrudescence des incendies à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo s’est invitée au cœur de la 98e réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 11 septembre 2026 à la Cité de l’Union africaine. Face à la multiplication des sinistres et à leur lourd bilan humain et matériel, le président de la République Félix Tshisekedi a appelé le gouvernement à mettre en place une réponse « urgente, coordonnée et durable ».

En ouverture de la réunion, rapporte le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement vendredi 11 septembre 2026, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a fait observer une minute de silence en mémoire des Congolais décédés dans les incendies récemment enregistrés dans la ville-province de Kinshasa, ainsi qu’en solidarité avec les enfants durement affectés dans la province du Sud-Kivu, notamment à Bukavu, dans la commune de Kadutu.

Dans sa communication, Félix Tshisekedi est revenu sur plusieurs incendies survenus ces derniers jours dans la capitale. Il a notamment cité le sinistre meurtrier enregistré dans la nuit du 4 au 5 septembre à la salle des fêtes Panacée, dans la commune de Lingwala. Le chef de l’État a également évoqué l’incendie qui a touché, le 7 septembre, le Petit Collège Saint-Pierre, dans la commune de Kinshasa, ainsi que celui déclaré le même jour dans une parcelle abritant la salle des fêtes Bonne Auberge, dans la commune de Limete.

Face à cette succession de drames, le président de la République a déploré les pertes en vies humaines et les dégâts matériels. Il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées, exprimé sa compassion aux personnes touchées et souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

Pour Félix Tshisekedi, la répétition de ces incendies ne doit pas seulement susciter l’émotion. Elle doit surtout conduire les autorités à réexaminer les mécanismes de prévention et d’intervention.

« Nous ne pouvons nous résoudre à attendre qu’un incendie de plus survienne pour agir », a insisté le président de la République dans sa communication, reprise dans le compte rendu de la réunion.

Le chef de l’État a ainsi souligné la nécessité d’évaluer l’efficacité des dispositifs existants en matière de prévention, de contrôle, d’alerte et d’intervention, avec une attention particulière accordée aux établissements recevant du public. Sous la coordination de la Première ministre, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, ainsi que les ministres des Ressources hydrauliques et de l’Électricité ont été instruits de prendre, en collaboration avec le gouverneur de Kinshasa, la Société nationale d’électricité (SNEL SA) et les autres services techniques concernés, des mesures immédiates.

Parmi les mesures préconisées par le chef de l’État figurent notamment le renforcement des contrôles de sécurité incendie dans les établissements à forte fréquentation et la fermeture temporaire de ceux présentant des risques graves. Il a également demandé d’assurer la disponibilité des extincteurs, des issues de secours, des alarmes et des dispositifs d’évacuation, ainsi que de contrôler la conformité des raccordements électriques, de sécuriser les câbles et installations et de lutter, le cas échéant, contre les branchements anarchiques.

En outre, Félix Tshisekedi a recommandé de renforcer et de décentraliser les capacités d’intervention des services anti-incendie, notamment en équipements et en personnel spécialisé. Il a également insisté sur l’amélioration des dispositifs d’alerte et d’intervention rapide, notamment à travers la mise en place d’un numéro d’urgence et d’une cartographie des zones à risque, ainsi que sur l’intensification de la sensibilisation aux mesures de prévention, d’évacuation et de premières interventions.

Le gouvernement est désormais appelé à passer rapidement de l’instruction à l’action. Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, et le gouverneur de la ville de Kinshasa devront présenter, dans un délai de 30 jours, un plan opérationnel consacré à la prévention et à la lutte contre les incendies dans la capitale. Ce document devra notamment identifier les besoins prioritaires en équipements, préciser leur déploiement territorial, définir les responsabilités de chaque service et établir un calendrier précis de mise en œuvre.

« Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, et le gouverneur de la ville de Kinshasa devront présenter, dans un délai de 30 jours, un plan opérationnel de prévention et de lutte contre les incendies dans la capitale, assorti des besoins prioritaires en équipements, de leur déploiement territorial, des responsabilités de chaque service ainsi que d’un calendrier précis de mise en œuvre », a ajouté Félix Tshisekedi dans sa communication.

Tout a commencé dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre, lorsqu’un incendie s’est déclaré dans une salle des fêtes située sur le boulevard Triomphal, à Kinshasa, alors qu’un mariage y était célébré. Plusieurs bilans ont été communiqués dans les heures qui ont suivi le drame. Un premier bilan provisoire faisait état de 22 morts, avant que le bourgmestre de la commune de Lingwala n’annonce 14 décès à la presse. Le gouvernement a finalement fait état d’un bilan provisoire de 12 morts et de plusieurs blessés.

À la suite de cet incident tragique, le gouvernement, par l’intermédiaire du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, a instruit les gouverneurs des provinces de procéder au contrôle systématique des établissements recevant du public, notamment ceux susceptibles de présenter des risques en matière de sécurité incendie.

Depuis ce drame, la ville-province de Kinshasa a, une nouvelle fois, enregistré plusieurs cas d’incendie ayant causé d’importants dégâts matériels. C’est notamment le cas de l’incendie qui s’est déclaré au Petit Collège Saint-Pierre, dans la commune de Kinshasa, ainsi que d’autres sinistres signalés dans la capitale. Le phénomène s’illustre également à l’intérieur du pays, avec des cas d’incendie signalés notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et dans la province de la Tshopo.

La répétition de ces sinistres relance ainsi les inquiétudes sur le respect des normes de sécurité et sur l’efficacité des mécanismes de prévention et de contrôle des établissements recevant du public en République démocratique du Congo.

Clément MUAMBA