Interrogé sur le décalage persistant entre les discours officiels sur les avancées du pays et le ressenti d'une grande partie de la population, qui estime que son quotidien ne s'est pas amélioré depuis 2019, pouvoir d'achat, accès à l'eau et à l'électricité, sécurité, Nicolas Kazadi reconnaît lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala la réalité de ce fossé, tout en le nuançant fortement à travers l'exemple du secteur énergétique.
Il avance des chiffres qu'il qualifie de « fulgurants » : selon lui, la capacité de production énergétique du pays aurait quasiment doublé en huit ans, passant d'environ 2 000 mégawatts à plus de 4 000 aujourd'hui. Pour expliquer pourquoi cette progression reste peu perceptible dans le quotidien des citoyens, il avance deux facteurs structurels. D'une part, une croissance démographique qu'il juge parmi les plus élevées au monde, autour de 3% par an, qui absorbe mécaniquement une partie des gains de production. D'autre part, une part importante de l'énergie supplémentaire produite serait captée par le secteur minier lui-même, qui resterait en situation de déficit énergétique. Il révèle à ce titre que la RDC est aujourd'hui importatrice nette d'électricité, dépensant plus de 200 millions de dollars par an pour importer de l'énergie depuis des pays voisins, Zambie, Congo-Brazzaville, Angola, qui, historiquement, achetaient au contraire de l'électricité congolaise.
Pour Kazadi, ce constat ne doit pas conduire à conclure que rien n'a été fait ou que la politique menée serait un échec, mais plutôt à mesurer l'ampleur de l'accélération encore nécessaire pour que les progrès réels se traduisent enfin dans le vécu quotidien des Congolais. Il invite ainsi à distinguer clairement l'effort engagé, qu'il juge réel, de l'insuffisance du rythme actuel au regard de besoins économiques et sociaux en croissance rapide.