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Guerre à l'Est : Déo Bizibu appelle à l'unité nationale contre le Rwanda et défend le bilan de l'UDPS

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Le secrétaire général adjoint de l'UDPS/Tshisekedi, Déo Bizibu, a livré jeudi une lecture strictement sécuritaire de la crise que traverse la République démocratique du Congo, appelant à l'unité de tous les Congolais face à l'agression rwandaise, avant de défendre pied à pied le bilan du régime face aux critiques sur la détérioration de la situation dans l'Est. L'échange s'est tenu lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala.

Une crise sécuritaire vieille de trente ans

Interrogé sur son évaluation de la situation générale du pays, entre guerre à l'Est et tensions politiques, Déo Bizibu a d'emblée situé l'origine du conflit bien avant l'arrivée au pouvoir de l'UDPS, évoquant une crise sécuritaire vieille de trente ans, marquée par la succession de mouvements armés soutenus par le Rwanda. « Le pays est envahi par le Rwanda », a-t-il affirmé, appelant la communauté internationale, notamment les États-Unis, à le reconnaître comme tel.

« D'abord l'ennemi dehors »

Pour Déo Bizibu, la priorité absolue doit être la mobilisation unanime des Congolais pour repousser l'agresseur, avant tout règlement des différends internes. « Il faut d'abord mettre l'ennemi dehors. Toutes les divergences qui existeraient entre nous doivent s'effacer devant la défense de la mère patrie », a-t-il résumé, avançant un bilan humain de la guerre qu'il chiffre à environ dix millions de morts depuis son déclenchement.

L'intervenant a construit une comparaison avec les précédents historiques de l'agression rwandaise, rappelant qu'en octobre 1996, l'offensive lancée sous l'impulsion de Paul Kagame avait permis, en l'espace de sept mois, la prise de l'ensemble du territoire jusqu'à la chute de Mobutu en mai 1997. Il a ensuite évoqué la rupture entre Laurent Désiré Kabila et ses soutiens rwandais, à l'origine de la création d'un nouveau mouvement rebelle qui s'était rapidement étendu à l'Équateur, au Grand Katanga et à la Tshopo.

Selon lui, la situation actuelle tranche avec ce précédent : quatre ans après le début de la nouvelle offensive, le pays ne connaît pas une progression aussi rapide et généralisée de l'ennemi, ce qu'il attribue à une défense plus résolue assurée par le pouvoir actuel. Il a opposé cette posture à celle de gouvernements antérieurs qu'il accuse d'avoir été complices du Rwanda, notamment à travers les processus de « brassage » et de « mixage » de l'armée, qu'il présente comme des vecteurs d'infiltration des services de sécurité. Le pays, selon lui, avait alors été « liquidé », jusqu'à l'arrivée de Félix Tshisekedi, qu'il crédite d'avoir engagé un redressement.

« Trente ans de destruction ne se réparent pas en huit ans »

Confronté à la question de la détérioration de la situation sécuritaire sous l'UDPS, au pouvoir depuis près de huit ans, avec la chute de Goma et de Bukavu aux mains de l'AFC/M23, Déo Bizibu a rejeté l'idée d'un échec propre au régime actuel, renvoyant la responsabilité à la déliquescence de l'armée sur trois décennies. « Vous pensez qu'en huit ans, on peut tout réparer ? Absolument pas », a-t-il rétorqué, affirmant que l'armée congolaise dispose aujourd'hui de moyens inédits pour défendre les frontières du pays, même si la tâche reste immense.

Relancé sur le moment où l'UDPS cesserait de reporter la responsabilité du bilan sécuritaire sur ses prédécesseurs ou des facteurs extérieurs, Déo Bizibu a défendu un bilan gouvernemental jugé positif en dépit du conflit, mettant en avant plusieurs réalisations infrastructurelles à Kinshasa et dans les provinces. Il a cité la réhabilitation de la desserte en eau dans des communes kinoises longtemps privées d'accès, telles que Ndjili, Selembao et le plateau des Bandal/Ngaliema, avec l'inauguration d'une nouvelle usine de production d'eau. Il a également mis en avant des investissements universitaires, évoquant notamment la résolution d'un conflit foncier à l'université de Bunia observé lors d'un déplacement en 2022, ainsi que des chantiers d'infrastructures aéroportuaires en cours à Kananga et à Mbuji-Mayi.

Poussé une dernière fois à assumer pleinement le bilan du régime plutôt que d'invoquer l'héritage du passé, Déo Bizibu a esquissé un parallèle avec le discours tenu par Mobutu en 1978 sur le « mal zaïrois », sans pouvoir développer cet argument, l'échange s'étant interrompu à ce stade de la transcription disponible.