Invité samedi du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Peter Kazadi, cadre de l'UDPS et ancien vice-Premier ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, a répondu aux accusations portées par une partie de l'opposition congolaise, qui reproche au président Félix Tshisekedi d'utiliser l'annonce du dialogue national comme une manœuvre pour gagner du temps.
Pour Peter Kazadi, l'accusation est infondée et procède d'un renversement des responsabilités. Selon lui, ce ne serait pas le président de la République qui chercherait à gagner du temps, mais au contraire certains opposants basés à Kinshasa qui, pressés d'accéder au gouvernement, table sur la pression militaire exercée par le Rwanda à l'Est pour précipiter un remaniement des institutions « au détriment du peuple ». « C'est ce qu'ils doivent dire au peuple », a-t-il lancé, suggérant que la véritable urgence de certains acteurs politiques serait moins la sortie de crise que l'accès au pouvoir.
L'intervention prend un tour plus offensif lorsque Peter Kazadi interroge la représentativité de ces figures de l'opposition. Il rappelle que c'est le peuple, seul détenteur du pouvoir, qui donne mandat à ses dirigeants de parler en son nom, un mandat que ces opposants, non élus selon lui, ne détiendraient pas. « Sociologiquement, ces gens-là existent où ? », a-t-il demandé, tout en prenant soin de préciser que cette critique ne remet pas en cause son estime pour ces personnalités en tant que citoyens congolais, libres d'avoir leurs propres points de vue. Il leur oppose cependant une exigence d'humilité, appelant chacun à mesurer la gravité de la crise que traverse le pays et à réfléchir, comme l'ensemble des Congolais, aux moyens d'y mettre fin.
Peter Kazadi a ensuite défendu la méthode retenue par le chef de l'État, consistant à consulter l'ensemble des couches de la population plutôt que de négocier, selon ses termes, « avec quatre personnes autour d'une table » pour se partager le pouvoir avant de tout recommencer à zéro. Une manière de répondre par avance aux critiques, notamment celles formulées par des mouvements comme Sauvons la RDC, qui dénoncent un dialogue à participants et règles fixés unilatéralement par la présidence, Peter Kazadi retournant l'argument pour présenter au contraire le format présidentiel comme le plus inclusif face à un dialogue restreint entre initiés.
Répondant enfin à l'argument selon lequel Félix Tshisekedi, en tant qu'acteur de la crise, ne pourrait prétendre en être la solution, Peter Kazadi a opposé un plaidoyer construit autour de la légitimité électorale et de l'action gouvernementale du chef de l'État. Il a rappelé que le président a été élu par le peuple, qu'il « construit le pays », qu'il « fait face à une agression qui n'a que trop duré » et qu'il se déploie « sur tous les fronts, sociaux, économiques et militaires » pour stabiliser le pays et rétablir la sécurité.
Cette nouvelle intervention de Peter Kazadi confirme, dans la continuité de ses propos tenus plus tôt lors du même Space live sur l'exclusion de l'AFC/M23 du dialogue, une ligne de défense cohérente du pouvoir en place : disqualifier la représentativité de l'opposition qui conteste le format du dialogue national, tout en présentant la démarche présidentielle comme la seule véritablement ancrée dans la souveraineté populaire, en total contrepoint des sept conditions posées la veille par le Mouvement Sauvons la RDC pour reconnaître la crédibilité du processus annoncé.