Invité du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala le jeudi, l'opposant Jean-Marc Kabund à Kabund a livré une charge sévère contre le format du dialogue national convoqué par le Président Félix Tshisekedi, qu'il refuse de qualifier de véritable dialogue.
« Ce que le président a annoncé hier n'est pas un dialogue »
D'entrée, le leader d'opposition tranche : « Ce qu'il a dit hier n'est pas un dialogue. Il faut aujourd'hui dire au peuple congolais que ce que Tshisekedi a annoncé hier n'est pas un dialogue. » Pour lui, le format proposé s'apparente davantage à un exercice interne de la famille présidentielle qu'à une véritable concertation nationale : « Ce sera un monologue entre une même famille politique, parce que je ne vois pas un seul opposant sérieux qui mettra ses pieds dans cette histoire. »
Les véritables attentes de l'opposition : pacifier l'Est et sécuriser une échéance électorale en 2028
Interrogé sur ce que l'opposition attend réellement d'un dialogue, Jean-Marc Kabund précise ses priorités : alléger les souffrances des Congolais, pacifier la partie orientale du pays à travers un accord politique, à l'image de Sun City, permettre le retour des réfugiés, et résorber la crise humanitaire résultant de la crise sécuritaire. À moyen terme, il plaide pour la mise en place d'un agenda politique assorti d'une feuille de route électorale à l'horizon 2028, tout en jugeant illusoire l'organisation d'élections tant qu'une partie du territoire national reste, selon ses mots, « entre les mains d'une rébellion soutenue par un pays étranger, le Rwanda ».
Une consultation populaire jugée verrouillée d'avance
L'opposant affirme avoir « déjà compris les jeux » du Chef de l'État concernant les consultations populaires annoncées, qui doivent se dérouler dans les chefferies, groupements et villes du pays. Il fait valoir que ces entités sont dirigées par des responsables issus de l'Union sacrée de la Nation, rappelant qu'un groupe de gouverneurs de province avait récemment adressé une motion au Président affirmant que leurs populations souhaitaient le voir rester au pouvoir après son second mandat. Pour Jean-Marc Kabund, ce processus de consultation débouchera inévitablement sur un plébiscite en faveur d'un changement constitutionnel, avec pour objectif de déverrouiller les dispositions dites intangibles de l'article 220 de la Constitution.
« Ce n'est pas un procès d'intention »
Face à d'éventuelles accusations d'anticipation excessive, l'opposant rétorque que les faits lui donnent raison : « Lorsque nous disions que monsieur Tshisekedi veut changer la Constitution pour s'éterniser au pouvoir, vous étiez en train de nous dire que c'est un procès d'intention. Aujourd'hui, ce n'est plus un procès d'intention. » Il estime que le pouvoir cherche à se construire une légitimité populaire artificielle avant d'engager une révision constitutionnelle.
« Nous, les opposants, nous avons tout le temps. Lui, il n'en a pas »
Jean-Marc Kabund conclut sur un avertissement au Chef de l'État, qu'il somme de respecter l'échéance électorale de 2028 : « Nous ne sommes pas des enfants. S'il pense qu'il a tout le temps du monde, il se trompe. Nous, les opposants, nous avons tout le temps. Mais lui, il n'en a pas, parce qu'il a une échéance en 2028. » Il appelle au respect scrupuleux de la Constitution en fin de second mandat, estimant que la stabilité du pays en dépend : « Vous ne pouvez pas vouloir quelque chose et son contraire. Vous vous plaignez de l'instabilité, mais vous créez vous-mêmes les germes de ces conflits. »