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RDC: João Lourenço salue « l’annonce du prochain dialogue intercongolais inclusif » qui devrait encourager toutes les parties à discuter des voies pour parvenir à la paix

João Lourenço

L’appel au dialogue national lancé par le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi  vient une nouvelle fois d’être salué au niveau continental après la réaction des États-Unis d’Amérique. Réuni à Luanda à l’occasion de la 21ᵉ session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), le président angolais João Lourenço a salué l’initiative congolaise, tout en rappelant que le dialogue demeure l’un des principaux instruments permettant de sortir durablement d’une crise.

La 21ᵉ session extraordinaire de l’UA, tenue les 29 et 30 août 2026 à Luanda, et précédée par la 26ᵉ session extraordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, était consacrée au renforcement des mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits. La rencontre a été organisée à l’initiative de João Lourenço, en sa qualité de Champion de l’UA pour la paix et la réconciliation en Afrique.

« Nous saluons l’annonce du prochain dialogue intercongolais inclusif qui devrait encourager toutes les parties intéressées et concernées à discuter des mécanismes et des voies à suivre pour parvenir à la paix et au développement économique et social du pays » a-t-il déclaré dans son discours rendu public par la présidence angolaise à l’issue des travaux.

Pour João Lourenço, le soutien angolais au processus congolais ne relève pas seulement de la diplomatie. Il s’appuie également sur l’histoire récente de l’Angola, marquée par plusieurs décennies de conflit armé.

« L’Angola s’exprime sur ce sujet en s’appuyant sur sa propre expérience, acquise pendant près de trois décennies consécutives, durant lesquelles notre pays a été confronté aux horreurs de la guerre : pertes humaines considérables, destruction d’infrastructures essentielles et paralysie de la quasi-totalité de l’activité économique », a indiqué João Lourenço.

Le président angolais a rappelé les conséquences humaines et économiques de cette longue période de guerre : pertes en vies humaines, destruction des infrastructures et paralysie d’une grande partie de l’activité économique.

« Nous sommes pleinement conscients du coût de la guerre, de l’ampleur de nos souffrances, et savons donc apprécier à leur juste valeur les acquis de la paix. L’expérience angolaise a démontré que même les conflits prolongés peuvent trouver une issue lorsqu’il existe une volonté politique de dialogue et le courage de placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de tout. Cette vision, si elle est abordée avec réalisme et dans le respect des intérêts sacrés de nos peuples, contribuera assurément à freiner la dégradation de la situation sécuritaire et pacifique observée dans diverses régions d’Afrique », a-t-il indiqué souligné.

Cette intervention intervient après que le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a annoncé le lancement du « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État » sans en préciser la date. Présenté comme un processus souverain conduit par les Congolais, le dialogue débutera par des consultations dans les 26 provinces, avant la tenue d’assises nationales à Kinshasa, pour une durée maximale de trois mois.

Pour préparer ce processus, le chef de l’État prévoit la création d’un Comité d’organisation, chargé des aspects administratifs, matériels et logistiques. Ses conclusions serviront de base à une ordonnance convoquant officiellement le Dialogue et instituant une Commission préparatoire, à laquelle participeront notamment les confessions religieuses.

Le Dialogue devra être inclusif et représentatif et aboutir à l’adoption d’un Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Tshisekedi affirme que ce pacte devra être suivi d’actions concrètes relevant du président de la République, du Gouvernement et du Parlement, avec un mécanisme public de suivi permettant à la population de vérifier l’exécution des engagements

Le chef de l’État souhaite également associer les autorités coutumières, la société civile et les forces sociales du pays. Les partenaires internationaux pourront apporter leur soutien dans plusieurs domaines, notamment la paix, la reconstruction, la justice transitionnelle et la réforme du secteur de la sécurité, mais uniquement dans le respect de la souveraineté congolaise.

Cependant, l’initiative suscite déjà des divergences au sein de la classe politique. Le pouvoir considère que le dialogue doit principalement renforcer l’unité nationale face à la crise sécuritaire dans l’Est du pays, tandis qu’une partie de l’opposition estime que le Gouvernement, étant lui-même partie prenante de la crise, ne peut définir seul les modalités et le calendrier du processus.

Le Dialogue national s’annonce ainsi comme l’un des principaux enjeux politiques des prochaines semaines, entre la volonté du pouvoir de privilégier un processus national axé sur la cohésion et la refondation de l’État et les revendications d’une partie de l’opposition en faveur d’un cadre qu’elle souhaite davantage consensuel et inclusif 

Clément MUAMBA