Invité dimanche du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le Professeur Michel Bongongo a plaidé pour la tenue du dialogue national sur le sol congolais, tout en appelant la communauté internationale et les pays de la région à apporter leur appui pour en garantir la sécurité.
Pour l'ancien ministre, la situation sécuritaire actuelle constitue un obstacle réel à la bonne tenue du dialogue. « Il y a beaucoup d'insécurité. Comment est-ce que les gens vont parler ? », s'interroge-t-il, avant d'appeler la communauté internationale et les pays frères de la région à contribuer à sécuriser le processus.
Le Professeur Bongongo insiste : ce dialogue doit impérativement être national et se dérouler chez soi, contrairement au précédent de Sun City, tenu hors du pays. Il justifie cette différence par le contexte historique : à l'époque, le président Mobutu avait quitté le pouvoir, Laurent-Désiré Kabila lui avait succédé sans être élu, puis son fils Joseph Kabila l'avait à son tour remplacé sans passer par les urnes, plongeant le pays dans une crise de légitimité institutionnelle profonde. Aujourd'hui, estime-t-il, la situation a changé : des institutions fonctionnelles existent, même si leur fonctionnement reste loin d'être satisfaisant. Il n'hésite d'ailleurs pas à qualifier certains dysfonctionnements observés, notamment en matière judiciaire, de « honte nationale ». Mais malgré ces imperfections, il insiste : il faut créer les conditions pour que les Congolais se retrouvent chez eux.
L'ancien ministre se montre ouvert à une certaine souplesse quant au lieu précis du dialogue à l'intérieur du pays, évoquant la possibilité de le tenir dans une province où l'insécurité serait moindre, avec l'appui de la communauté internationale sur le plan sécuritaire. Une démarche qu'il juge essentielle non seulement pour la réussite pratique du processus, mais aussi pour ce qu'elle représente en termes d'identité nationale congolaise.