Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un appel urgent à la communauté internationale afin de renforcer la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC), pays déjà confronté aux conflits armés et à une situation humanitaire préoccupante, notamment dans l’Est du pays, en raison des violences et d’autres catastrophes.
Face à la presse au siège des Nations Unies à New York, jeudi 27 août 2026, le chef de l’ONU a décrit une situation particulièrement préoccupante, estimant que l’épidémie progresse aujourd’hui plus rapidement que les efforts déployés pour la contenir. Au-delà de la progression du virus Ebola, António Guterres a surtout dénoncé ce qu’il considère comme une autre menace : le manque d’attention internationale face à l’ampleur de la crise.
« Cette épidémie est celle d’Ebola qui progresse le plus rapidement jamais enregistrée. Elle se propage plus vite et s’étend plus que les mesures prises pour la contenir. Mais elle peut être stoppée. Nous savons comment contenir Ebola, comment interrompre la transmission et comment sauver des vies. Mais nous devons aussi vaincre un autre virus : le virus de l’indifférence. Car l’attention internationale, la mobilisation politique et les ressources restent en deçà de la réalité qui se déroule sur le terrain. La crise d’Ebola est avant tout une tragédie humaine qui touche des familles et des communautés à une échelle extraordinaire. Il s’agit désormais de la plus importante épidémie d’Ebola de l’histoire de la RDC » a déclaré António Guterres, Secrétaire général de l’ONU
Pour appuyer son argumentaire, il a rappelé qu’au 25 août, 5 713 cas avaient été confirmés, faisant 2 744 victimes. Avec environ 500 nouveaux cas signalés chaque semaine, l’épidémie continue de progresser. À cela s’ajoute la situation sécuritaire précaire qui prévaut dans cette partie du pays depuis plus de trois décennies.
« L’épidémie continue de s’étendre sur une vaste zone, les femmes et les enfants étant particulièrement touchés. Le défi est immense. Nous sommes confrontés à une urgence de santé publique dans l’un des contextes les plus fragiles au monde. Par exemple, trois décennies de conflit dans la seule province d’Ituri ont déplacé un million de personnes et ont gravement réduit leur accès à la nourriture, aux soins de santé et aux autres services essentiels. Dans toute la région, plus de 12 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et de protection. Parallèlement, les systèmes de santé sont saturés. Les infrastructures sont insuffisantes. Des communautés entières restent difficiles d’accès » a déploré le Secrétaire général de l’ONU
Dans un autre registre, le Secrétaire général de l’ONU est revenu sur les sacrifices consentis par les humanitaires et les personnels de santé impliqués dans la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola. Selon António Guterres, plus de 40 agents de santé ont perdu la vie en tentant d’en sauver d’autres, tandis que d’autres ont été infectés.
« Les travailleurs de première ligne travaillent eux aussi dans des conditions périlleuses. Plus de 40 agents de santé ont perdu la vie en tentant d’en sauver d’autres. Des soignants ont été infectés. Des centres de traitement et des ambulances ont été attaqués. Le personnel humanitaire est confronté à la fois à la menace du virus et à celle de la violence. Il mérite notre reconnaissance et notre soutien » a-t-il fait savoir dans son intervention
Si l’Ouganda est parvenu à maîtriser l’épidémie d’Ebola, la situation demeure préoccupante en République démocratique du Congo. La progression de la maladie, la défiance d’une partie de la population, les insuffisances des infrastructures sanitaires et l’insécurité compliquent considérablement la riposte.
Malgré ces défis, le gouvernement congolais se veut rassurant et affiche son optimisme quant à sa capacité à contenir l’épidémie. Les autorités entendent notamment s’appuyer sur l’expérience acquise lors des 16 précédentes épidémies d’Ebola enregistrées dans le pays, ainsi que sur les mécanismes de surveillance et de riposte développés au fil des années.
Le gouvernement assure ainsi poursuivre et renforcer les efforts engagés, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, afin de freiner la propagation de la maladie, protéger les populations à risque et garantir une prise en charge rapide et efficace des personnes affectées.
Clément MUAMBA