Le processus de Doha entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) franchit une nouvelle étape. Réunis en Suisse du 17 au 21 août 2026, les représentants des deux parties ont convenu d’une nouvelle feuille de route destinée à accélérer la mise en œuvre de leurs engagements et à faire progresser les négociations vers un accord de paix global.
La déclaration conjointe publiée ce samedi 22 août intervient à l’issue de cinq jours de discussions auxquelles ont également participé le Qatar, les États-Unis, le Togo, en qualité de médiateur de l’Union africaine (UA), la Commission de l’UA et la Suisse. Les participants ont évalué les avancées enregistrées dans le cadre de l’Accord-cadre de Doha, signé le 15 novembre 2025, tout en identifiant les difficultés qui continuent de ralentir sa mise en œuvre.
D’après le communiqué final parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD, Kinshasa et l’AFC/M23 ont convenu d’une nouvelle feuille de route pour les négociations de paix.
« Suite à cette évaluation, les Parties ont élaboré une feuille de route définissant des étapes et un calendrier précis pour les négociations menées dans le cadre de l’Accord-cadre de Doha et se sont engagées à faire preuve de flexibilité et de créativité au sein de la structure existante prévue par celui-ci », lit-on dans le communiqué final.
Toujours en rapport avec l’Accord-cadre, les parties sont également convenues que l’ordre de négociation des protocoles ne déterminera pas nécessairement l’ordre de leur mise en œuvre.
« Les Parties ont convenu que l’ordre de négociation des protocoles ne détermine pas l’ordre de leur mise en œuvre. Elles ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les négociations en vue d’une paix globale et d’un règlement des conflits par la mise en œuvre de l’Accord-cadre. Les Parties ont partagé des recommandations avec l’organisme de facilitation concernant la voie à suivre pour des négociations constructives et pour promouvoir la mise en œuvre des engagements pris par les deux Parties », précise le communiqué.
Le processus de Doha, placé sous l’égide de l’État du Qatar, demeure toutefois confronté à d’importantes difficultés dans la mise en œuvre des engagements pris par les parties. Malgré les avancées évoquées dans le cadre du processus, plusieurs cycles de discussions n’ont toujours pas permis à Kinshasa et à l’AFC/M23 de rapprocher suffisamment leurs positions sur les principaux points de divergence.
Cette nouvelle rencontre de Montreux, entend insuffler une nouvelle dynamique aux négociations après des temps morts et absence des résultats escomptés. Pendant ce temps, la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et les forces gouvernementales poursuivent les hostilités sur le terrain, tandis que le mouvement continue de consolider ses positions et son administration parallèle dans les zones sous son contrôle.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différents protagonistes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent, sans effet notable.
L’objectif de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue, en effet, d’interpréter les dispositions des accords selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre toujours plus incertaine
Clément MUAMBA