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Walikale : les producteurs de l'huile de palme relancent leurs palmeraies et réclament la réhabilitation des routes

Monument au coeur de Walikale-centre

En territoire de Walikale, au Nord-Kivu, la filière de l’huile de palme semble connaître un nouveau souffle. Après plusieurs années marquées par le désintérêt de certains agriculteurs et la baisse de la production, les activités liées à la culture du palmier à huile reprennent progressivement dans plusieurs zones du territoire.

À Nyasi, Kirundu, Mutakato et Ntoto, considérés parmi les principaux marchés d’écoulement des produits agricoles, l’huile de palme fraîche est de nouveau disponible en quantité. Cette reprise commence également à avoir un effet sur les prix, après une période de forte pénurie.

Pendant plusieurs années, de nombreux propriétaires de palmeraies avaient progressivement abandonné l’entretien de leurs plantations. Certains agriculteurs s’étaient tournés vers d’autres activités économiques, notamment l’exploitation minière, considérée comme plus rapidement rentable.

Ce changement d’orientation a fortement affecté la filière. Les palmiers étaient moins entretenus, les récoltes diminuaient et les quantités d’huile disponibles sur les marchés devenaient insuffisantes.

La conséquence s’est rapidement fait sentir sur les ménages. L’huile de palme, qui constitue à la fois un produit alimentaire essentiel et une source de revenus pour des nombreuses familles rurales, est devenue de plus en plus rare.

"Nous avions presque abandonné nos palmeraies parce que nous pensions que les activités minières pouvaient nous rapporter davantage. Mais nous avons constaté que l’agriculture reste une activité importante et durable," témoigne un producteur de la région.

La baisse de la production avait également entraîné une importante hausse des prix. Un bidon de 20 litres d’huile de palme, qui se vendait auparavant autour de 20.000Fc pouvait atteindre 40.000Fc pendant la période de pénurie.

Pour les consommateurs, cette hausse représentait une charge supplémentaire sur les dépenses quotidiennes, particulièrement dans les ménages qui dépendent largement des produits locaux.

"Il y a eu une période où il fallait dépenser beaucoup plus pour avoir de l’huile. Avec 40.000Fc, on achetait un bidon de 20 litres alors qu’avant le même bidon coûtait environ 20.000Fc,"explique un consommateur rencontré sur un marché local.

Cette situation a aussi affecté les petits commerçants qui dépendent de la vente de l'huile de palme pour assurer leurs revenus.

Face à cette situation, des associations locales ont entrepris des campagnes de sensibilisation auprès des agriculteurs sur l’importance économique de la culture du palmier à huile.

L'objectif est notamment d'encourager les propriétaires à reprendre l'entretien de leurs palmeraies, à valoriser leurs plantations existantes et à considérer l'agriculture comme une activité pouvant contribuer durablement aux revenus des ménages.

Ces initiatives semblent progressivement produire des résultats. Des agriculteurs qui avaient délaissé leurs plantations reprennent aujourd'hui l'entretien de leurs palmeraies et recommencent à produire. La disponibilité de l'huile sur les marchés s'améliore, permettant ainsi aux consommateurs de s'approvisionner plus facilement.

"Nous avons compris que le palmier à huile peut nous donner des revenus pendant plusieurs années. Nous avons donc repris le travail dans nos plantations,"affirme un autre producteur.

Cette reprise de la production est particulièrement visible dans plusieurs centres commerciaux de Walikale.

À Nyasi, Kirundu, Mutakato et Ntoto, l'huile de palme fraîche, qui se faisait autrefois rare, devient progressivement plus abondante.

Les vendeurs constatent eux aussi une amélioration de l'approvisionnement.

"Avant, nous avions des difficultés à trouver suffisamment d'huile pour nos clients. Aujourd'hui, les producteurs recommencent à nous approvisionner régulièrement," témoigne une vendeuse.

Cette augmentation de l'offre commence également à faire baisser les prix. Le bidon de 20 litres, qui pouvait atteindre 40.000Fc durant la période de pénurie, se négocie actuellement autour de 30.000Fc.

Pour les consommateurs, cette baisse constitue un soulagement.

"Nous constatons déjà une différence. L'huile est devenue plus facile à trouver et le prix a commencé à baisser. Nous souhaitons que cette production continue d'augmenter pour que les prix redeviennent encore plus accessibles," confie un consommateur.

Au-delà de la simple production d'huile destinée à la consommation, la relance du palmier à huile représente un enjeu économique important pour Walikale.

La filière peut créer des revenus pour les agriculteurs, les travailleurs des palmeraies, les transformateurs, les transporteurs et les commerçants. Elle peut également contribuer à réduire la dépendance des ménages à l'égard des activités minières et renforcer l'économie agricole locale.

Dans un territoire où des nombreuses familles vivent essentiellement de l'agriculture, la valorisation du palmier à huile pourrait ainsi constituer une source de revenus relativement durable.

La transformation locale offre également des perspectives supplémentaires. Une production mieux organisée pourrait permettre de développer des unités de transformation et d'améliorer la qualité de l'huile commercialisée, tout en augmentant la valeur ajoutée au bénéfice des producteurs.

Malgré cette reprise encourageante, les producteurs estiment que la relance durable de la filière dépendra aussi de l'amélioration des infrastructures routières.

Les difficultés d'accès à plusieurs zones agricoles compliquent l'évacuation de l'huile et d'autres produits vers les grands centres de consommation.

Les producteurs plaident ainsi pour la réhabilitation des routes afin de faciliter l'acheminement de leurs produits vers Goma, Kisangani et Bukavu.

"Nous pouvons produire davantage, mais si les routes restent dans cet état, il sera difficile d'évacuer nos produits. Nous demandons aux autorités de réhabiliter les routes agricoles pour nous permettre d'atteindre les grands marchés," plaide un producteur.

Pour les commerçants, des meilleures routes permettraient également de réduire les coûts de transport et, par conséquent, de stabiliser davantage les prix.

La renaissance progressive de la filière de l'huile de palme à Walikale montre que l'agriculture peut retrouver une place importante dans l'économie locale lorsqu'elle bénéficie d'un accompagnement adapté.

La reprise de l'entretien des palmeraies, l'amélioration de la production, la sensibilisation des agriculteurs et la disponibilité croissante de l'huile sur les marchés constituent des signes encourageants.

Mais pour transformer cette reprise en véritable dynamique économique, plusieurs défis devront encore être relevés : l'accès aux routes, l'amélioration des techniques agricoles, l'accompagnement des producteurs, la transformation locale et l'accès à des marchés plus vastes.

À Walikale, les producteurs veulent désormais croire que le palmier à huile peut redevenir une véritable source de revenus pour les familles rurales. Après avoir presque disparu des priorités de certains agriculteurs au profit des activités minières, la filière tente aujourd'hui de retrouver sa place dans l'économie du territoire.

La baisse du prix du bidon de 20 litres, passé de 40.000 à environ 30.000Fc, est déjà perçue comme un premier signe de cette reprise. Reste à savoir si l'amélioration de la production pourra se maintenir et surtout si les infrastructures permettront aux producteurs de transformer cette relance en véritable opportunité de développement économique pour Walikale.