Le Groupe de contact international (GCI) pour la région des Grands Lacs appelle les parties au conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) à poursuivre les mesures de confiance et à respecter leurs engagements en matière de droit international humanitaire, dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, ainsi que par des accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques visant à résoudre la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Dans une déclaration conjointe datée du jeudi 13 août 2026, dont une copie est parvenue à la rédaction de ACTUALITE.CD, les États-Unis, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni, membres du GCI, saluent notamment la libération et la remise de 15 prisonniers affiliés à la rébellion, transférés de Kinshasa vers les zones sous contrôle de l’AFC/M23.
Le Groupe de contact international considère cet échange comme une mesure importante destinée à réduire les tensions et à instaurer davantage de confiance entre les parties engagées dans le conflit. Le GCI salue également le récent transfert de personnes libérées par les autorités congolaises vers l’AFC/M23, une opération facilitée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
« Le GCI reconnaît également l’accord d’échange de prisonniers entre la RDC et l’AFC/M23 comme une mesure essentielle de confiance pour désamorcer les tensions et favoriser la confiance entre les parties en conflit. À cet égard, le GCI salue le récent transfert, facilité par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de personnes libérées par les autorités congolaises vers l’AFC/M23, ce qui constitue une étape dans la bonne direction » ont-ils affirmé dans le document.
Au-delà de la question des prisonniers, le Groupe de contact international exhorte toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations découlant du droit international humanitaire. Il insiste également sur la nécessité de garantir aux acteurs humanitaires un accès complet, sûr et sans entrave aux populations affectées par les violences.
« Le Groupe appelle également toutes les parties à respecter leurs obligations en matière de droit international humanitaire et à garantir un accès humanitaire complet, sûr et sans entrave, afin que l’aide essentielle puisse être fournie à ceux qui en ont besoin », ont-ils fait savoir dans leur déclaration.
Alors que cette démarche d’échange de prisonniers est saluée par différents partenaires de la RDC, notamment les États-Unis d’Amérique et le Qatar, impliqués dans la recherche de solutions à la crise sécuritaire, cette situation a une nouvelle fois démontré, dans la pratique, les divergences de positions et de vues entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23.
Le gouvernement congolais a défendu la remise de quinze détenus au groupe armé AFC/M23, la présentant comme la première traduction concrète de ses engagements dans le cadre du processus de paix de Doha, tout en appelant la rébellion à appliquer à son tour les accords conclus.
Kinshasa affirme que cette remise constitue une étape dans la mise en œuvre progressive des engagements pris à Doha et la relie également à l’opérationnalisation du mécanisme conjoint de supervision et de vérification du cessez-le-feu (MCVE+), chargé d’enquêter sur les violations présumées de la trêve. Le gouvernement estime que cette libération traduit sa « bonne foi » et sa volonté d’honorer les engagements souscrits, tout en rappelant que « la réussite du processus repose sur la mise en œuvre effective et réciproque des engagements pris par les Parties ».
De son côté, l’AFC/M23 considère la libération des 15 détenus comme un « acte encourageant », mais estime que cette mesure reste insuffisante au regard des engagements pris dans le cadre du protocole relatif à la libération des prisonniers. Le mouvement réclame ainsi la libération de l’ensemble des personnes qu’il considère comme détenues en raison de leurs liens présumés avec l’AFC/M23 ou ses membres.
L’AFC/M23 affirme que neuf des 15 détenus figuraient sur la liste de 768 personnes transmise à la médiation dans le cadre des négociations de Doha. D’après la rébellion, « sur les 15 détenus libérés par le régime de Kinshasa, 9 figurent sur la liste des 768 personnes que notre organisation avait transmise à la médiation. Parmi les 6 autres, l’un est un ressortissant ougandais qui n’entretient aucun lien, de près ou de loin, avec notre organisation. Les 5 autres détenus, arrêtés notamment au Katanga, en Ituri et à Kinshasa, ne figurent pas sur la liste que nous avions remise à la médiation ».
Face à cette situation, le mouvement rebelle dit attendre du gouvernement un calendrier pour la poursuite des opérations de libération des prisonniers.
Le processus de paix de Doha, placé sous la médiation du Qatar et destiné à prendre en charge la crise entre Kinshasa et la rébellion, en appui à l’accord de Washington, reste confronté à des difficultés dans la mise en œuvre des engagements convenus entre Kinshasa et l’AFC/M23. Malgré les initiatives diplomatiques engagées, les deux parties continuent de diverger sur plusieurs points, alors que les affrontements se poursuivent sur le terrain dans l’Est de la RDC.
Clément MUAMBA