Intervenant vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala et co-animé avec Patient Ligodi, en présence du président du CSAC Christian Bosembe, l'opposant PPRD Patrick Nkanga a condamné avec fermeté les injures répétées visant la Première dame, rappelant que même les divergences politiques les plus vives connues avec d'anciens présidents n'avaient jamais atteint un tel degré d'hostilité. Il a élargi cette condamnation aux insultes subies par plusieurs femmes politiques, citant notamment Judith Suminwa et Jeanine Mabunda, ainsi que sa propre épouse Francine Muyumba, régulièrement prise pour cible.
Selon lui, cette « culture de l'injure » ne trouverait pas son origine dans la diaspora, mais résulterait d'un vide réglementaire ayant permis à des acteurs sans responsabilité de s'exprimer impunément dans le débat public national avant même de recourir aux plateformes numériques internationales. Il a suggéré au chef de l'État de réunir l'ensemble des partis politiques, majorité comme opposition, afin de remettre de l'ordre dans l'expression publique à Kinshasa.
L'opposant a ensuite directement interpellé Christian Bosembe sur la mission du CSAC, s'appuyant sur l'article 212 alinéa 4 de la Constitution, qui confie à l'institution le devoir de veiller au respect de la déontologie de l'information ainsi qu'à l'accès équitable des partis politiques aux médias officiels. Il a dénoncé l'absence, depuis l'arrivée de Bosembe à la tête du CSAC, de toute émission de débat contradictoire entre pouvoir et opposition sur la RTNC, qu'il a qualifiée de « monologue du pouvoir matin, midi et soir », en contraste, selon lui, avec des espaces de débat pourtant maintenus sous le maréchal Mobutu. Il a estimé que la fermeture des canaux officiels à la contradiction avait favorisé l'émergence d'acteurs numériques non régulés et d'une « pensée unique » contraire, selon lui, aux exigences démocratiques, invitant le président du CSAC à faire appliquer pleinement les dispositions constitutionnelles garantissant l'accès équitable des partis politiques aux chaînes publiques, financées, a-t-il rappelé, par l'ensemble des contribuables congolais.