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Tanganyika: une mission sécuritaire déployée à Kisengo pour rassurer la population après les affrontements

Carte de la province de Tanganyika produite par le service infographie d'ACTUALITE.CD

Une délégation des forces de sécurité s’est rendue jeudi à Kisengo, dans le secteur Nord-Lukuga, en territoire de Nyunzu, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, afin d’évaluer la situation sécuritaire et de rassurer la population après les récents affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et des éléments Wazalendo.

La délégation était conduite par le commandant du secteur opérationnel Usalama, le colonel Alex Munyalizi Bamaraki. Elle comprenait également le coordonnateur provincial et sensibilisateur des réservistes, Yoane Sululu, ainsi que le commandant du bataillon Requin, le colonel Luntu Kasongo.

Cette mission intervient quelques jours après une série d’incidents ayant fait plusieurs morts à Kisengo et ravivé les inquiétudes des habitants sur la situation sécuritaire dans cette partie du Tanganyika.

Des affrontements entre FARDC et Wazalendo

Les tensions ont éclaté dans la localité de Kisengo dans un contexte de relations devenues difficiles entre des militaires et certains éléments Wazalendo présents dans la zone.

Selon les informations rapportées par des sources locales, les affrontements du mercredi 12 août ont notamment opposé les FARDC à des combattants Wazalendo. Le chef de Kisengo, Joseph Lokombe, a indiqué que deux combattants Wazalendo avaient été tués lors de ces affrontements. Une précédente communication locale faisait état de quatre Wazalendo et d’un civil tués dans des heurts survenus quelques jours auparavant.

D’après le chef du village Kisengo, Joseph Lokombe, les affrontements du mercredi ont commencé après que des éléments Wazalendo ont ouvert le feu sur quatre militaires des FARDC qui revenaient d’une patrouille effectuée au village de Kyoko, sur la route de Panda. Ces événements ont renforcé les inquiétudes des habitants, qui demandent une présence sécuritaire accrue dans la localité.

Les inquiétudes de la population de Kisengo, à Nyunzu

Au-delà des affrontements, la population fait état de difficultés liées aux agissements de certains éléments armés opérant dans la contrée. Joseph Lokombe, chef du village Kisengo, évoque notamment des pratiques de tracasserie qu'il attribue à des éléments Wazalendo qu'il qualifie d'« incontrôlés ». Il estime que ces comportements compliquent l'exercice de l'autorité des responsables locaux.

« Je suis content de cette visite pour rétablir l’autorité de l’État ici. Nous ne comprenons pas si les Wazalendo qui sont ici sont au-delà de l’État ou sont là pour exterminer les autorités locales que nous sommes. Puisqu’ils sont des réservistes, ils doivent suivre ce qui leur est dit par les militaires », a déclaré Joseph Lokombe.

Le chef du village se félicite par ailleurs de la présence du bataillon Requin qui, selon lui, contribue à améliorer le sentiment de sécurité parmi les habitants.

« Depuis l’arrivée du bataillon Requin à Kisengo, la population se sent en sécurité et on ne frappe pas les gens par ici », a-t-il ajouté.

Une mission pour rétablir la confiance

La visite de la délégation sécuritaire vise ainsi à prendre connaissance de la situation sur le terrain, mais également à rassurer les habitants après les violences récentes. La présence des responsables du secteur opérationnel Usalama et des unités déployées dans la zone doit notamment permettre de renforcer la coordination entre les différentes forces présentes à Kisengo et de prévenir une nouvelle escalade.

Cette démarche intervient dans un environnement où les Wazalendo sont, dans plusieurs zones de l’est de la RDC, engagés aux côtés des FARDC contre les groupes armés opposés au gouvernement. Leur statut et leur intégration dans le dispositif sécuritaire restent cependant une question complexe, certains groupes ayant conservé une organisation et une autonomie propres.

Dans le territoire de Nyunzu, où Kisengo a déjà connu des épisodes d’insécurité par le passé, la consolidation de l’autorité de l’État et la protection des populations demeurent des enjeux essentiels. Des évaluations humanitaires antérieures avaient déjà documenté des poches d’insécurité sur l’axe Kyoko-Kisengo et les conséquences de la présence de groupes armés sur les populations locales.
La situation à Kisengo reste donc suivie de près par les autorités sécuritaires, alors que la population espère que cette nouvelle mission contribuera à stabiliser durablement la localité.

José Mukendi