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46ᵉ Sommet de la SADC : Kinshasa renforce sa présence avec la crise de l’Est de la RDC au cœur de son agenda

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Le décor est déjà planté pour l’ouverture officielle des travaux du 46ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ce lundi 17 août prochain, au Centre international des conférences de Durban, en Afrique du Sud. La République démocratique du Congo entend y faire entendre sa voix sur les grands enjeux qui façonnent l’avenir et le développement de l’Afrique australe.

Si le pays était déjà représenté par Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale, qui a pris part à plusieurs activités connexes, dont le Conseil des ministres de la SADC, la délégation congolaise vient une nouvelle fois d’être renforcée avec les arrivées de la Ministre d'État, Ministre des Affaires Etrangères, coopération internationale, Francophonie et congolais de la Diaspora Thérèse Kayikwamba Wagner, du Vice-Premier Ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita. Ces derniers sont arrivés à Durban aux premières heures de samedi 15 août 2026. 

Selon la cellule de communication de son ministère, Guy Kabombo y séjourne en qualité de représentant personnel du Président de la République, Chef de l’État et Commandant suprême des FARDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, afin de conduire la délégation congolaise à ces assises de haut niveau. Prévu au Centre international des conférences de Durban, renseigne un communiqué de la SADC, ce Sommet sera présidé par le Président sud-africain Matamela Cyril Ramaphosa, en sa qualité de président intérimaire de la SADC, et placé sous le thème : « Une industrialisation résiliente, durable et inclusive par le développement des infrastructures, la transformation agricole et la valorisation des minéraux critiques, pour un monde plus équitable. »

Ce sommet marquera également la prise officielle de la présidence de la SADC par le président sud-africain, mettant ainsi fin à l’intérim assuré à la suite du renversement du pouvoir à Madagascar, qui était censé occuper cette fonction à la suite du 45ᵉ Sommet tenu à Madagascar. Derrière ce thème à forte portée économique se dessine toutefois une question essentielle pour Kinshasa. 

Pour la RDC, la dimension sécuritaire demeure incontournable. La participation congolaise intervient dans un contexte où les questions de paix et de sécurité occupent une place centrale dans les mécanismes de coopération de la SADC, alors que la RDC retrouve son plein droit de parole au sein de l’organisation après la régularisation de ses arriérés.

Le ton a déjà été donné par Kinshasa. S’exprimant mercredi 12 août devant le Conseil des ministres de la SADC, l’organe chargé de superviser le fonctionnement et le développement de la Communauté, ainsi que de veiller à la mise en œuvre de ses politiques, stratégies et programmes, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, avait notamment évoqué le processus de désarmement et de démobilisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Selon le ministre, rappelait sa cellule de communication, les FDLR avaient signé un protocole prévoyant leur désarmement, leur démobilisation ainsi que leur cantonnement. Cette étape devrait être suivie de leur rapatriement au Rwanda ou de leur transfert vers un pays tiers.

Floribert Anzuluni a souligné l’importance de tenir la SADC informée de l’évolution de ce processus, compte tenu de l’implication de l’organisation sous-régionale dans la recherche d’une solution à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.

« Cette mise à jour est très importante, d’autant plus que la SADC a été très impliquée et reste très impliquée sur la question congolaise », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par son cabinet.

Pour le représentant de la RDC, la SADC conserve ainsi un rôle majeur dans la dynamique engagée pour parvenir à une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo. Bien avant ces assises, le protocole avait déjà été présenté à Cyril Ramaphosa, président de l’Afrique du Sud et président intérimaire de la SADC.

« La SADC tient une place naturelle et décisive dans cette dynamique dont l’objectif est de rétablir la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo », a affirmé Floribert Anzuluni.

Le Sommet des chefs d’État et de gouvernement est précédé de plusieurs réunions et activités organisées en marge de ce 46ᵉ Sommet. Selon le communiqué de la SADC, le programme préparatoire prévoit notamment, le 12 août, la réunion du Conseil des ministres de la SADC ; le 14 août, la Conférence publique de la SADC à l’Université de KwaZulu-Natal (UKZN) ; le 15 août, la réunion des hauts fonctionnaires et de la Troïka du Comité ministériel de l’Organe chargé de la coopération en matière de politique, de défense et de sécurité ; et, le 16 août, la réunion de la Troïka du Sommet de l’Organe de la SADC chargé de la coopération en matière de politique, de défense et de sécurité.

Ces différentes rencontres sont perçues comme autant d’occasions pour Kinshasa de rappeler que la stabilisation de l’Est de la RDC, marquée par l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23, ainsi que les défis sanitaires, notamment liés à l’épidémie de maladie à virus Ebola, ne peuvent être considérés comme des problématiques strictement nationales. Elles possèdent une dimension régionale, compte tenu des flux transfrontaliers, des mouvements de populations, des réseaux économiques et de la circulation des ressources.

La SADC est une organisation régionale composée de 16 États membres. Créée en 1980 sous le nom de Conférence de coordination du développement de l’Afrique australe (SADCC), elle devient, en août 1992, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

La mission de la SADC est de promouvoir une croissance économique et un développement socio-économique durables et équitables par le renforcement de la coopération et de l’intégration, ainsi que par la bonne gouvernance, la paix et la sécurité durables, afin que la région s’impose comme un acteur compétitif et efficace sur la scène des relations internationales et au sein de l’économie mondiale.

Ses États membres sont l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, les Comores, la République démocratique du Congo, l’Eswatini, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, Maurice, le Mozambique, la Namibie, la République-Unie de Tanzanie, les Seychelles, la Zambie et le Zimbabwe.

Clément MUAMBA