Intervenant vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala et co-animé avec Patient Ligodi, le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a répondu aux critiques visant la composition de son cabinet et les nominations récentes au sein de l'institution.
Accusé d'avoir écarté dès son arrivée l'ensemble des Hauts Conseillers ayant servi sous le mandat précédent, dont aucun ne dirigerait de commission ni ne siégerait au Bureau, Christian Bosembe a rejeté toute responsabilité personnelle dans cette situation. Selon lui, la composition du bureau et des commissions résulte d'un processus électif interne à l'institution : certains conseillers auraient choisi de ne pas postuler aux commissions, tandis que d'autres, candidats, auraient été départagés par un vote. Il affirme n'avoir personnellement nommé aucun membre du bureau, présentant cette configuration comme le fruit du « jeu démocratique » propre au fonctionnement du CSAC.
Un cabinet jugé sans expertise, une accusation contestée
Interrogé sur la composition de son cabinet, décrit comme dépourvu d'experts reconnus en régulation des médias et essentiellement composé de proches, le président du CSAC a opposé un démenti circonstancié. Il indique que le Bureau du CSAC rassemble des conseillers venant de différents horizons, et que le secrétariat de l'institution dispose, selon lui, de cadres compétents. Concernant son directeur de cabinet, présenté par ses détracteurs comme un simple économiste sans expertise en régulation médiatique, Christian Bosembe précise qu'il s'agit en réalité d'un professeur d'université agrégé, rompu à l'administration. Il décrit par ailleurs son directeur de cabinet adjoint comme un comptable agrégé, engagé dans une thèse de doctorat qui doit le conduire au professorat en économie. Sans confirmer explicitement le lien de parenté qui lui est prêté avec cette personne, il affirme ne pas comprendre pourquoi ces postes devraient nécessairement être occupés par des journalistes, estimant que la compétence en régulation ne s'acquiert pas par la seule appartenance au métier de journaliste, mais par une pratique quotidienne du secteur.
Les nominations de coordonnateurs défendues sur des critères managériaux
Sur la question des nominations récentes en masse, qui auraient porté des agents jugés novices aux postes de coordonnateurs et coordonnateurs adjoints au détriment de cadres expérimentés non promus, Christian Bosembe a retourné l'argument à ses détracteurs, leur demandant de préciser ce qu'ils entendent par « expertise » dans ce contexte. Il défend une conception managériale du poste de coordonnateur, fondée sur la capacité de leadership et de conduite de programme, plutôt que sur une expérience journalistique ou médiatique préalable. Il rappelle à cet égard avoir lui-même essuyé une critique similaire à son arrivée à la tête du CSAC, sa formation de juriste ayant été opposée à son absence de parcours journalistique. Selon lui, cette confusion traduit une méconnaissance de la nature de l'institution qu'il dirige : le CSAC ne serait pas, insiste-t-il, une « corporation de journalistes », mais un organe administratif d'appui à la démocratie, nécessitant des compétences en gestion, en droit et en analyse critique plutôt qu'une expérience de terrain dans les médias.