Bien qu’il soit intérimaire depuis la déchéance du président malgache Andry Nirina Rajoelina, qui avait accédé à la présidence à l’issue du 45e sommet, et alors qu’il s’apprête à prendre officiellement la présidence de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) au nom de son pays, l’Afrique du Sud, Matamela Cyril Ramaphosa réitère son appel à privilégier la voie diplomatique pour résoudre la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette crise est marquée par la poursuite des hostilités entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, ainsi que par le déplacement de nombreuses populations, rendant la situation humanitaire davantage précaire et vulnérable, dans un contexte de baisse croissante de l’aide humanitaire au niveau mondial.
Intervenant ce vendredi 14 août lors d’une conférence publique organisée à l’Université du KwaZulu-Natal, en marge du 46e sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), en présence de plusieurs représentants des États membres, Cyril Ramaphosa a indiqué que la situation dans l’Est de la RDC demeure « la plus grave épreuve » de la détermination collective.
Rappelant que des soldats de la mission de la SADC en RDC (SAMIDRC) ont été tués dans cette partie de l’Afrique, lors de violents combats contre les rebelles du M23 et l’armée rwandaise en 2025, avant la chute de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, le président sud-africain a rendu hommage aux militaires tombés au front.
« La situation dans l’Est de la RDC demeure la plus grave épreuve de notre détermination collective. Des millions de nos compatriotes africains ont été déplacés. Un pays d’une richesse minière extraordinaire est devenu un lieu de conflit et de souffrance. Des soldats de notre communauté ont été déployés pour appuyer les efforts visant à instaurer la paix et la stabilité. Ils ont servi avec courage et dévouement. Certains ne sont jamais revenus. Nous rendons hommage à ceux qui ont donné leur vie pour la paix. Nous leur devons, ainsi qu’à leurs familles et au peuple de la RDC, de continuer à rechercher une solution pacifique à un conflit qui a causé tant de destructions et de souffrances », a déclaré le chef de l’État sud-africain dans son discours.
Revenant sur le thème de son discours, « Traduire la Vision 2050 de la SADC en actions : voies vers la solidarité, l’égalité et la prospérité partagée », le président de l’Afrique du Sud affirme qu’aujourd’hui, dans le cadre de cette Vision 2050, les États membres doivent aspirer à une région où les personnes puissent circuler librement, conformément aux principes, protocoles et lois établis. À l’en croire, cela signifie qu’il faudra travailler ensemble pour s’attaquer aux conditions qui favorisent la migration.
« Nous devons travailler ensemble pour lutter contre les conflits, l’instabilité, les défaillances de la gouvernance, la pauvreté et les dissensions sociales. Nous devons créer l’égalité des chances économiques et bâtir des institutions de gouvernance inclusives. Nous recherchons une région où les gens déménagent par choix, et non par désespoir. Rien de ce que nous souhaitons pour notre région n’est réalisable sans la paix. Les investissements ne se font pas sentir en zone de conflit. Les besoins sociaux fondamentaux des populations ne peuvent être satisfaits dans une zone de guerre. Un corridor économique ne peut se développer dans un territoire contesté », a-t-il fait remarquer dans son discours.
Alors que la crise perdure et que les affrontements se poursuivent malgré la conclusion des Accords de Washington et le processus de Doha, les appels à la retenue et au respect des engagements pris se multiplient aux niveaux national, régional et international. Les différentes parties sont régulièrement invitées à appliquer les dispositions issues de ces cadres de paix.
Cependant, ces exhortations n’ont pas encore produit d’effets significatifs sur le terrain. Cette situation ravive les interrogations sur le fossé qui demeure entre les avancées enregistrées dans les discussions diplomatiques et la réalité sécuritaire dans les zones de conflit. La réduction de cet écart reste un défi majeur pour les médiateurs.
Chaque partie continue de défendre sa propre interprétation des engagements contenus dans les Accords de Washington et de ceux pris dans le cadre du processus de Doha, ce qui complique davantage leur application et entretient les incertitudes quant à leur mise en œuvre effective.
Clément MUAMBA