Le secrétaire exécutif de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), Elias M. Magosi, a exprimé la solidarité de l’organisation régionale envers la République démocratique du Congo (RDC), confrontée à une épidémie de maladie à virus Bundibugyo dans l’est du pays. Cette déclaration intervient alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la RDC progresse à un rythme préoccupant et fait craindre une aggravation de la situation si la dynamique actuelle se maintient.
Dans son allocution prononcée ce mercredi 12 août 2026 à Durban, en Afrique du Sud, à l’ouverture officielle de la réunion ordinaire du Conseil des ministres de la SADC, en prélude au 46ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation régionale, Elias Magosi a souligné l’importance de la santé et du bien-être des populations dans le processus d’intégration régionale.
« La santé et le bien-être de nos citoyens sont également importants pour le programme d'intégration, car nous nous efforçons d'être plus productifs, innovants et mieux équipés pour contribuer de manière significative au développement national et régional », a-t-il déclaré d’entrée de jeu.
Le responsable de la SADC a ensuite évoqué la situation sanitaire en RDC, qui continue, selon lui, de faire face à l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo, ayant déjà entraîné des pertes humaines considérables et exercé une pression supplémentaire sur le système de santé national. Au nom du Secrétariat de la SADC, Elias Magosi a adressé un message de solidarité aux autorités congolaises ainsi qu’aux populations touchées.
« Nous nous réunissons à un moment où la République démocratique du Congo continue de faire face à l'épidémie de maladie à virus Bundibugyo (BVD), qui a entraîné des pertes humaines considérables et a exercé une pression supplémentaire sur le système de santé du pays. Au nom du Secrétariat de la SADC, je tiens à exprimer notre solidarité avec le gouvernement et le peuple de la RDC, en particulier les familles qui ont perdu des êtres chers au cours de cette épidémie », a-t-il déclaré
Il a également salué l’engagement des États membres et des partenaires internationaux dans la réponse à cette crise sanitaire, notamment en RDC et en Ouganda. Pour Elias Magosi, la coopération régionale demeure indispensable face aux urgences sanitaires susceptibles de dépasser les frontières nationales. Il estime que la réponse collective permet de renforcer la sécurité sanitaire dans l’ensemble de la région.
« Je tiens également à exprimer notre sincère gratitude aux États membres qui ont apporté leur soutien à la riposte, ainsi qu’à nos partenaires internationaux pour leur assistance technique et financière continue à la RDC et à l’Ouganda. Cette solidarité est essentielle pour faire face aux urgences de santé publique qui dépassent les frontières nationales et démontre l’importance de l’action collective pour renforcer la sécurité sanitaire régionale », a-t-il insisté.
La SADC appelle à renforcer les systèmes de santé
Au-delà de la réponse aux urgences sanitaires, le secrétaire exécutif de la SADC a appelé à renforcer durablement les systèmes de santé des États membres. Il a notamment insisté sur la nécessité de disposer de systèmes de santé résilients et bénéficiant d’un financement adéquat et durable. À ce sujet, Elias Magosi s’est félicité des conclusions de la réunion conjointe des ministres des Finances et de la Santé de la SADC, organisée le mois dernier à Harare.
« Un autre aspect crucial est l'importance de bâtir des systèmes de santé résilients, financés de manière adéquate et durable. Nous sommes encouragés par la réunion conjointe des ministres des Finances et de la Santé de la SADC, qui s'est tenue à Harare le mois dernier, et qui a fortement insisté sur la nécessité d'un financement durable de la santé. Le message des ministres était clair : investir dans la santé n'est pas seulement une obligation sociale ; c'est un investissement stratégique dans le capital humain, la productivité économique et le développement durable à long terme » a-t-il souligné dans son discours.
Une épidémie qui s’étend dans un contexte difficile
La République démocratique du Congo fait face depuis mai 2026 à une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo. Déclarée officiellement le 15 mai 2026, cette flambée épidémique a débuté dans la province de l’Ituri avant de s’étendre à quatre autres provinces.
La situation a rapidement pris une dimension régionale avec la confirmation de cas en Ouganda. Le 17 mai 2026, l’OMS a déclaré que l’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo en RDC et en Ouganda constituait une urgence de santé publique de portée internationale, tout en précisant qu’elle ne répondait pas aux critères d’une urgence pandémique.
Alors que l’Ouganda a déjà maîtrisé cette épidémie, la riposte en RDC intervient dans un contexte particulièrement complexe, marqué notamment par l’insécurité liée aux conflits armés et communautaires, les mouvements de grève des professionnels de santé, les déplacements de populations ainsi que les mouvements transfrontaliers entre la RDC et les pays voisins.
L’OMS souligne également que la souche Bundibugyo présente des difficultés particulières, puisqu’il n’existe pas, à ce jour, de vaccin homologué ni de traitement spécifique contre cette souche. La prise en charge précoce et les soins de soutien restent donc essentiels pour améliorer les chances de survie des personnes infectées.
Face à cette situation, les autorités congolaises, avec l’appui de l’OMS et de leurs partenaires, ont renforcé la surveillance épidémiologique, la recherche des contacts, les capacités de diagnostic et de prise en charge, ainsi que les mesures de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de santé.
Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, la mobilisation communautaire demeure également déterminante afin de limiter la propagation du virus. La RDC s’appuie notamment sur l’expérience acquise lors des précédentes épidémies d’Ebola, tout en faisant face à des défis liés à l’accès aux zones affectées, à la confiance des communautés et à la continuité des services essentiels de santé.
Clément MUAMBA