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Une année du gouvernement Suminwa II : la Politique nationale de l’eau et la modernisation de la REGIDESO parmi les réformes d’Aimé Sakombi Molendo

REGIDESO

Une année après son entrée au gouvernement Suminwa II, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, met en avant plusieurs réformes engagées dans le secteur de l’eau. De la définition d’une politique nationale à la mise en place d’un cadre de régulation, en passant par l’amélioration de la desserte à Kinshasa et l’extension des services en provinces, le ministre entend poser les bases d’une transformation durable du secteur.

Une politique nationale pour harmoniser le secteur

L’une des premières avancées concerne l’adoption, le 26 décembre 2025, de la Politique nationale du service public de l’eau par le Gouvernement.

Ce document vise à mettre fin à la dispersion qui caractérisait jusque-là les interventions des différents acteurs du secteur, notamment les opérateurs, les provinces et les partenaires techniques et financiers.

Cette politique offre désormais un cadre commun pour orienter les investissements, coordonner les interventions et mesurer les résultats. Pour le ministère, elle constitue un référentiel essentiel pour assurer une meilleure cohérence dans le développement du service public de l’eau en République démocratique du Congo.

L’ARSPE, un régulateur pour sécuriser les investissements

Autre chantier majeur : la mise en place de l’Autorité de régulation du service public de l’eau (ARSPE).

Avec l’appui du Projet d’accès, de gouvernance et de réforme des secteurs de l’électricité et de l’eau (AGREE) de la Banque mondiale, le processus de recrutement des dirigeants de cette structure a été lancé. Les candidatures ont été réceptionnées et une commission d’évaluation a été mise en place.

Pour Aimé Sakombi Molendo, l’enjeu dépasse la simple création d’une nouvelle institution. L’objectif est de disposer d’un régulateur indépendant, transparent et crédible, capable d’instaurer un climat de confiance favorable aux investissements dans le secteur.

L’ARSPE devrait ainsi contribuer à garantir un cadre plus stable pour les opérateurs et les investisseurs, tout en veillant à la qualité et à l’équité du service fourni aux populations.

Renforcer l’approvisionnement en eau à Kinshasa

Les réformes institutionnelles se sont accompagnées de mesures destinées à répondre aux urgences du secteur.

À Kinshasa, un programme porté par la REGIDESO a été approuvé lors de la 69ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 5 décembre 2025.

Le projet prévoit l’achèvement et la mise en service des deuxième et troisième modules de l’usine de traitement d’eau à l’ozone, en complément du premier module déjà existant. L’objectif est de porter la capacité totale de production à 330 000 mètres cubes d’eau par jour.

À terme, plus de six millions d’habitants dans dix communes de Kinshasa devraient bénéficier d’une amélioration significative de leur approvisionnement en eau potable.

Réformer la REGIDESO sans fragiliser les ménages

La modernisation de la REGIDESO constitue également un volet important de cette politique. Le ministère estime qu’une entreprise publique chargée d’un service aussi stratégique doit disposer d’un modèle économique suffisamment solide pour assurer l’entretien de ses infrastructures, la réparation de ses installations et le financement de nouveaux ouvrages.

C’est dans ce contexte qu’une réforme tarifaire a été engagée. Celle-ci doit cependant trouver un équilibre entre la nécessité d’assurer la viabilité financière de la REGIDESO et la protection du pouvoir d’achat des ménages, particulièrement les plus vulnérables.

Le défi consiste donc à rendre le service économiquement soutenable sans transformer la réforme en une charge sociale supplémentaire pour les populations.

Vulgariser la loi sur l’eau

Enfin, le ministère poursuit la vulgarisation de la loi sur l’eau, parallèlement à l’élaboration progressive de ses mesures d’application et des normes techniques du secteur.

Pour le ministre Aimé Sakombi Molendo, la réussite d’une réforme ne dépend pas uniquement de l’adoption des textes. Elle repose également sur leur compréhension et leur application effective sur le terrain.

Divine Mbala