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La Chine rejette les accusations de « surcapacité » et défend son modèle industriel

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La Chine rejette l’idée selon laquelle son industrie souffrirait d’une « surcapacité » qui déstabiliserait les marchés mondiaux. Pékin estime que l’évolution de ses capacités de production relève avant tout de la mondialisation, de la division internationale du travail et des mécanismes du marché.

Dans une position présentée sur la question, la Chine affirme que son statut de grande puissance manufacturière est le résultat de son intégration à la coopération industrielle internationale et non d’une intervention artificielle visant à soutenir ses exportations.

Pour Pékin, la notion de « surcapacité » reste par ailleurs difficile à apprécier de manière uniforme. Les capacités de production évoluent, selon cette analyse, en fonction des progrès technologiques, des transformations industrielles et des cycles économiques. La Chine estime ainsi qu’il n’existe pas, à ce jour, de définition ni de critères universellement reconnus permettant de déterminer une situation de surcapacité dans tous les secteurs et tous les pays.

« Les “surcapacités” constituent avant tout un phénomène dynamique propre à l’économie de marché : l’équilibre entre l’offre et la demande évolue constamment au gré des progrès technologiques, des mutations industrielles et des cycles économiques », soutient la Chine.

Pékin conteste le lien entre subventions et surcapacités

Sur les subventions industrielles, la Chine réfute l’existence d’un lien automatique entre les politiques de soutien public et les surcapacités. Elle estime que des politiques correctement conçues peuvent contribuer à l’innovation technologique, à la transition écologique et à la correction de certaines défaillances du marché.

Pékin souligne également que de nombreux pays ont recours à des mécanismes de soutien industriel et estime que ceux-ci doivent s’inscrire dans un cadre fondé sur la transparence, l’équité et le respect des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La Chine affirme, pour sa part, que ses politiques de subventions reposent sur les principes de neutralité concurrentielle et d’égalité de traitement.

Un excédent commercial ne serait pas synonyme de surcapacité

La Chine rejette également l’idée selon laquelle un excédent commercial constituerait, à lui seul, la preuve d’une surcapacité industrielle. Selon Pékin, les déséquilibres commerciaux sont liés à plusieurs facteurs, notamment la division internationale du travail, la structure de l’épargne et de l’investissement ainsi que la demande mondiale.

Le pays assure ne pas rechercher délibérément des excédents commerciaux et dit poursuivre l’élargissement de ses importations, la réduction de ses droits de douane et la promotion d’un commerce mondial plus équilibré.

Pékin conteste par ailleurs l’argument selon lequel une demande intérieure insuffisante en Chine serait à l’origine de capacités de production excédentaires.

« La Chine est non seulement une grande puissance manufacturière, mais aussi un grand marché de consommation ; elle est non seulement “l’usine du monde”, mais également “le marché du monde” », affirme la position chinoise.

Pékin défend la concurrence et met en garde contre le protectionnisme

La Chine considère la concurrence comme un moteur essentiel de la modernisation industrielle et d’une allocation plus efficace des ressources. Elle appelle ainsi à préserver une concurrence loyale et à s’opposer au protectionnisme, aux politiques discriminatoires et aux mesures unilatérales susceptibles, selon elle, de perturber les chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales.

Pékin attribue le développement de son industrie moderne principalement à l’innovation et à l’approfondissement des réformes, plutôt qu’aux subventions. Ces dernières années, la Chine dit avoir renforcé ses investissements dans la recherche et le développement, notamment dans les énergies nouvelles, la fabrication intelligente et l’économie numérique.

Le pays affirme également poursuivre la transition écologique et numérique de ses industries traditionnelles et améliorer l’allocation des ressources par le marché à travers la construction d’un marché national unifié.

De « China Shock » à « China Opportunity »

Face à la thèse d’un « China Shock 2.0 », qui présente la montée en puissance industrielle chinoise comme une menace pour les économies étrangères, Pékin défend au contraire l’idée d’une « China Opportunity 2.0 ».

Selon la Chine, son développement industriel peut contribuer à l’innovation ouverte, à la transition écologique, à l’élargissement de l’offre mondiale et à la réduction des coûts de production et de consommation. Pékin estime également que le commerce, les investissements et la coopération industrielle avec les pays en développement peuvent soutenir leur industrialisation et contribuer à la croissance de l’économie mondiale.

La Chine appelle ainsi les différents acteurs à privilégier les bénéfices mutuels et le développement partagé, tout en respectant les mécanismes du marché et en poursuivant l’ouverture économique.

Elle plaide également pour un renforcement de la coordination des politiques industrielles, une plus grande ouverture des marchés et la défense du multilatéralisme ainsi que du système commercial multilatéral centré sur l’OMC.

Pour Pékin, les questions liées aux capacités de production constituent un phénomène normal dans l’évolution de l’économie mondiale, au même titre que les transformations industrielles, les fluctuations du marché et les mutations de la division internationale du travail.

La Chine estime dès lors que ces questions doivent être traitées à travers le dialogue et la coopération plutôt que par la confrontation. Elle appelle les partenaires commerciaux à privilégier les mécanismes multilatéraux et régionaux afin de construire, selon elle, une gouvernance économique mondiale plus juste et équilibrée et de favoriser une croissance mondiale plus stable, durable et inclusive.