La Synergie des Femmes pour la Paix et la Sécurité (SFPS) appelle les acteurs politiques et les différentes composantes de la société congolaise à privilégier le dialogue et la concertation face aux tensions politiques et à la persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
La plateforme de la société civile a lancé cet appel vendredi 7 août au siège de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) à Kinshasa, lors d’une déclaration lue par Jeacquis Kitoga, membre de la SFPS.
La plateforme dit exprimer sa « profonde préoccupation » face à l’évolution de la situation politique et sécuritaire dans le pays.
« Alors que les populations de l’Est du pays continuent de subir les conséquences des conflits armés, de l’insécurité persistante et de la crise humanitaire, les tensions observées dans le débat public national appellent l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité, de retenue et d’un sens élevé de l’intérêt général », souligne-t-elle.
Pour la SFPS, les divergences d’opinions et les débats autour des grandes questions nationales sont inhérents à la démocratie. Elle estime toutefois que ces débats doivent se tenir dans un climat apaisé et dans le respect des principes démocratiques.
« Toutefois, ces débats doivent se dérouler dans un cadre apaisé, dans le respect de l’État de droit, des droits et libertés fondamentaux, ainsi que des mécanismes démocratiques, en privilégiant le dialogue, la concertation et la recherche de solutions pacifiques », exhorte Jeacquis Kitoga.
La plateforme réaffirme également son attachement à la Constitution de la République démocratique du Congo, aux instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains et à la démocratie, ainsi qu’à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité.
La SFPS dit vouloir contribuer à « une paix durable, d’une gouvernance inclusive et d’une participation pleine, effective et significative des femmes dans les processus de paix ».
Dans ses recommandations, elle exhorte les institutions de la République, les acteurs politiques de la majorité comme de l’opposition, ainsi que l’ensemble des forces vives de la Nation, à privilégier « le dialogue républicain, la concertation et les voies démocratiques dans la gestion des divergences ».
La plateforme appelle également les responsables politiques à préserver les libertés publiques et à éviter tout discours ou acte susceptible d’exacerber les tensions.
« Elle les invite à préserver les libertés publiques, à s’abstenir de tout discours ou acte susceptible d’alimenter les tensions et à placer la paix, la cohésion nationale et la protection des populations au centre de leurs actions », précise le communiqué.
Sur la situation sécuritaire dans l’Est, la SFPS estime que la réponse à la crise doit dépasser les clivages politiques.
« La crise sécuritaire dans l’Est du pays exige une mobilisation collective dépassant les clivages politiques », insiste-t-elle.
La protection des civils, la restauration durable de la paix et la recherche de réponses adaptées à la crise doivent, selon la plateforme, rester au cœur des priorités nationales.
La SFPS salue par ailleurs les initiatives visant à réduire les tensions et à renforcer la confiance entre les acteurs nationaux. Elle encourage « la poursuite de ces dynamiques dans le respect des institutions de la République et de l’intérêt supérieur de la Nation ».
La plateforme plaide également pour une implication accrue des femmes et des jeunes dans les processus de décision et de paix. Elle invite les partenaires, les organisations de la société civile, les médias, les confessions religieuses et les leaders communautaires à renforcer leurs actions de sensibilisation.
Ces acteurs sont notamment encouragés à poursuivre les efforts de lutte contre « la désinformation et les discours de haine », tout en promouvant la tolérance et le vivre-ensemble.
S'agissant du dialogue national inclusif, une ordonnance présidentielle se fait toujours attendre pour fixer le cadre de cette initiative : sa date, son format, ses participants et sa méthodologie. C’est probablement à partir de ce document que les différents acteurs préciseront définitivement leur position.
César Olombo