En visite en République démocratique du Congo, le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a plaidé mercredi 5 aout, à l’issue d’un échange avec le président de la République, Félix Tshisekedi, pour le renforcement de la riposte contre l'épidémie d'Ebola qui touche l'est du pays.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a souligné aussi la nécessité d'adapter la riposte à l'évolution de l'épidémie, de renforcer la coordination sous la conduite du gouvernement congolais et de garantir une action concertée de l'ensemble des partenaires engagés dans la lutte contre Ebola.
Le directeur général de l'OMS a également mis en avant la nécessité de placer les communautés au centre de la riposte, de renforcer la confiance avec les populations affectées et de respecter les pratiques locales, notamment en matière d'inhumations sûres et dignes, afin d'améliorer la lutte contre la transmission du virus.
« L'appropriation communautaire doit être au cœur de la réponse. Instaurer la confiance et respecter les traditions locales, notamment en matière d'inhumations sûres et dignes, sont essentiels pour atteindre les communautés touchées et stopper la transmission. Nous sommes convenus de la nécessité d'adapter la réponse à la vitesse et à la trajectoire de l'épidémie, de renforcer la coordination sous la direction du gouvernement de la RDC et de veiller à ce que tous les partenaires travaillent ensemble pour mettre en œuvre notre stratégie commune afin de mettre fin à cette épidémie », a-t-il déclaré.
Les discussions ont également porté sur le renforcement du soutien aux agents de santé et aux relais communautaires, notamment à travers la mise à disposition d'équipements de protection individuelle et le paiement de leurs prestations. Elles ont aussi souligné la nécessité d'améliorer la coordination entre la riposte contre Ebola et les autres interventions humanitaires.
La République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola. Près de deux mois après son déclenchement, l'apparition de nouveaux cas dans plusieurs provinces porte désormais à cinq le nombre de provinces touchées : l'Ituri, qui demeure l'épicentre de la maladie, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele.
Jusqu’au 5 août, l’épidémie avait totalisé 4 053 cas confirmés dont 1 850 décès. Malgré l'expérience acquise lors des précédentes épidémies, la riposte reste confrontée à de nombreux obstacles. En Ituri notamment, des mouvements de grève des prestataires et du personnel de santé ont perturbé certaines opérations. Les grévistes dénoncent des retards dans le paiement de leurs primes, des conditions de travail difficiles ainsi que le non-respect de plusieurs engagements pris à leur égard.
Josué Mutanava, à Goma