Après l’arrivée mercredi 5 août au port Bende Bende à Maluku, à Kinshasa, du bateau Yingfeng tracé en provenance de la province de la Mongala, avec à son bord un cas suspect d’Ebola décédé pendant la navigation, les passagers, gardés en quarantaine depuis hier, sont en plein prélèvement, confirme à ACTUALITE.CD la division provinciale de santé de la ville de Kinshasa.
Contacté au téléphone, le docteur Paul Mutangu, chef de la DPS a expliqué à ACTUALITE.CD que les opérations des prélèvements et d’analyse ont débuté depuis l’avant-midi de ce jeudi 6 août, et qu’une évaluation est prévue à la fin de la journée. Les résultats de ces investigations, poursuit-il, seront envoyés à l’Institut National de Recherche Biomédical (INRB), dont une équipe est également sur place à Maluku.
« Ils (les passagers) sont en quarantaine, et on est en train de scruter, donc faire des investigations. Au bout de tout ceci, nous allons évaluer. Si nous avons le cas suspect, on va valider les alertes, on va faire les prélèvements pour envoyer à l'INRB qui est avec nous sur place. On va analyser. Les résultats, c'est au bout de 2 heures de temps. Si le résultat revenait négatif, ça veut dire que nous allons invalider l'alerte et on va libérer tout le monde à la fin de la journée. Mais s'il y a des cas positifs, là, maintenant, nous serons obligés de garder ceux qui sont sans symptômes en quarantaine, et ceux qui sont malades, on va les prendre en charge », déclare-t-il.
Comment se fait la prise en charge
Selon le docteur Paul Mutangu, il s’agit d’un total de 260 voyageurs, y compris les membres de l’équipage, installés dans des tentes de fortune montées à la rive droite du fleuve Congo, à 60 kilomètres de Kinshasa. Leur prise en charge est assurée par le gouvernement congolais de concert avec ses partenaires, indique notre source, qui souligne des cas de fièvre détectés chez des enfants.
« Le gouvernement a pris en charge la nourriture, avec ses partenaires. Et nous sommes là ensemble avec les équipes sanitaires. Il y a des gens qui présentent quelques petites fièvres ainsi que les enfants, nous sommes en train de les prendre en charge », ajoute-il.
Contrairement aux rumeurs qui font état d’un cas suspect d’Ebola, la division provinciale de la santé évoque plutôt un cas « probable d’Ebola ».
« C'est-à-dire, en épidémiologie, quand une personne meurt dans un contexte de l'épidémiologie avec des signes, dès lors qu'on ne l'a pas testée pour connaître son statut par rapport à cette maladie, il n'est pas un cas suspect, il est cas probable. Il a été enterré, on n'avait pas fait les examens », conclut-il.
Samyr LUKOMBO