You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Catégorie

Lualaba : reprise des activités minières artisanales à Tulizembe six mois après l’inondation du bassin, les creuseurs sensibilisés sur l’apolitisme du site et la cohésion sociale

Le site minier de Safi, près de la cité de Kakanda (Lualaba)

Après six mois d’arrêt provoqué par l’inondation du bassin, plusieurs milliers de creuseurs ont retrouvé leur site d’exploitation à Tulizembe, dans le village Mupandja, au Lualaba. La reprise des activités minières artisanales intervient dans un contexte particulier marqué notamment par des préoccupations liées à la cohésion sociale, à l’apolitisme et au rejet des divisions communautaires sur le site.

Dans les zones d’exploitation artisanale de la province, les tensions sociales et les risques d’instrumentalisation des creuseurs constituent une réalité à laquelle les responsables des sites sont régulièrement confrontés. Des mouvements de contestation ont parfois marqué certains sites miniers, sur fond de revendications sociales, de divisions communautaires ou d’interférences politiques.

C’est dans ce contexte qu’une causerie a été organisée à Tulizembe avant la reprise effective des activités. Le chargé des relations publiques, Patient Molaï, a insisté sur la nécessité de préserver la neutralité politique de la carrière et d’éviter les discours susceptibles d’alimenter les divisions.

« La carrière doit rester un espace de travail. Nous devons éviter toute activité politique sur le site et bannir les discours de haine ou toute forme de tribalisme. »

La coopérative COMIBAKAT soutient cette démarche et encourage, avec les responsables du site, la discipline, le respect mutuel et la solidarité entre les exploitants.

Pour Franck Yuma, président des creuseurs de Tulizembe, la diversité des origines des exploitants doit constituer une force plutôt qu’un facteur de conflit.

« Nous devons rester soudés et comprendre que nos différences doivent être une force. La priorité doit rester le travail et la sécurité de tous sur le site. »

Le président des creuseurs annonce également des mesures destinées à préserver la neutralité de la carrière.

« Aucun drapeau de parti politique ni aucune effigie d’un responsable politique ne doit être visible sur le site. Chacun reste libre d’exprimer ses choix politiques en dehors de la carrière, mais ici, nous sommes sur un lieu de travail. »

Cette position intervient dans un contexte national marqué par des tensions politiques et des débats sensibles, notamment autour de la réforme constitutionnelle. Dans les zones minières artisanales, où se côtoient des milliers de personnes aux origines et sensibilités diverses, l’enjeu est d’éviter que les clivages extérieurs ne se transforment en tensions sur les sites d’exploitation.

Au-delà de la cohésion sociale, la reprise de Tulizembe pose aussi la question de la sécurité. Franck Yuma estime que les conditions de travail doivent être davantage sécurisées afin d’éviter une nouvelle interruption des activités.

Située dans le village Mupandja, la carrière de Tulizembe rassemble plus de 15 000 exploitants artisanaux. La reprise des activités ouvre ainsi une nouvelle séquence pour ce site, appelé à concilier exploitation du cobalt, sécurité et cohésion entre les creuseurs.

Timothée Prince ODIA

 

 

 


Dernières nouvelles

Soundcloud