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RDC: Lambert Mende revient sur son propre passage par la rébellion avant de rejoindre les institutions

ACTUALITE.CD

Lors du même Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Lambert Mende a été amené à revenir en détail sur son propre parcours, lui qui a rejoint un mouvement rebelle avant d'intégrer les institutions congolaises. Interrogé sur le regard qu'il porte aujourd'hui, avec le recul, sur ce choix, et sur ce qu'il lui permet de comprendre de ceux qui empruntent aujourd'hui la même voie, il a d'abord posé un principe qui a structuré l'ensemble de ses réponses sur ce sujet : « Pour moi, la fin d'une chose vaut mieux que son commencement. » Il a tenu à nuancer la nature exacte de son engagement : « Vous savez, je n'ai pas pris les armes comme tel. J'ai rejoint un groupe qui avait pris les armes. Je n'ai pas été au front, mais je les ai rejoints pour des raisons qui me sont propres. C'était le début de la chose. »

Il situe le moment de sa rupture avec ce mouvement lors d'une visite à Kisangani, dans la foulée de ce qu'il appelle « la guerre de six jours » entre soldats rwandais et ougandais : « Moi j'ai pris conscience en allant visiter Kisangani après la guerre de six jours entre Rwandais et Ougandais. » Il y aurait découvert que ceux présentés comme des alliés du Congo n'étaient en réalité venus que pour profiter des richesses locales : « Qui ont été causés par ceux qui se présentaient comme nos alliés rwandais, ougandais, qui se sont battus pour partager le butin, le diamant de Kisangani. »

De retour à Goma, il affirme avoir dénoncé publiquement cette situation devant la presse, au prix de sa propre liberté : « Au cours d'une rencontre avec la presse, j'ai pris fait et cause pour le Congo contre cette tromperie. On a présenté ces gens comme des alliés. En réalité, c'était des pillards qui étaient venus s'en mettre plein les poches au détriment des intérêts nationaux du Congo. Et j'ai dénoncé cela. J'ai été arrêté. 49 jours »

Selon son récit, c'est cette arrestation qui aurait déclenché l'intervention de Laurent-Désiré Kabila en sa faveur : « C'est à partir de mon arrestation que Monsieur Laurent-Désiré Kabila va prendre contact avec ma famille et me faire parvenir les moyens de m'évader. Et c'est après mon évasion que je l'ai vu et que j'ai regagné le bercail. » Il a rappelé que ce dernier a été assassiné peu après : « Il a été tué, malheureusement, il a été tué quatre mois après. Et j'ai mis un an pour me connecter avec son fils. »

De cette trajectoire personnelle, Lambert Mende tire une leçon qu'il adresse directement à ceux qui portent aujourd'hui les armes à l'Est : « Il faut en finir avec la guerre contre soi-même. Ce n'est pas possible. On peut comprendre que les Rwandais, qui n'ont que la possibilité de nous piller parce qu'ils croient qu'ils peuvent vivre du pillage qu'ils opèrent chez nous, le fassent. Mais qu'un Congolais leur prête main forte, cela pose quand même problème. » Il invite ceux qui seraient encore dans la situation qu'il a lui-même connue à effectuer le même cheminement : « Je voudrais inviter tous nos compatriotes qui sont dans ce que moi j'avais eu au commencement à prendre le même cheminement, d'aller à Kinshasa. »

Il a par ailleurs estimé que les sanctions internationales devraient désormais lever toute ambiguïté sur la nature du conflit : « Toutes ces sanctions qui sont prises par les Nations Unies, par des gouvernements comme l'Union Européenne, les États-Unis, devraient aider les Congolais qui sont encore un peu dans la confusion à comprendre qu'il y a effectivement une agression militaire, hégémoniste, prédatrice contre leur pays, et qu'ils doivent cesser de prêter main forte à cette agression. »