Après leurs collègues de l’Assemblée nationale, les sénateurs ont, à leur tour, adopté ce jeudi 16 juillet 2026, en seconde lecture, le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. L’adoption de ce texte intervient après l’approbation du rapport de la Commission économique, financière et de bonne gouvernance (ECOFIN) du Sénat, à laquelle la plénière avait confié la mission d’examiner ce texte en profondeur avant son adoption.
L’adoption de ce projet de loi n’a toutefois pas été faite dans des termes identiques à ceux retenus par l’Assemblée nationale. Si le montant arrêté par la chambre basse s’élevait à 50 496,298 milliards de francs congolais, après la prise en compte des recettes additionnelles ayant ramené la baisse à 7,2 % par rapport au budget initial, le Sénat a, pour sa part, fixé le budget en équilibre, en recettes et en dépenses, à 50 866,3 milliards de francs congolais, soit une baisse de 7,1 %. Cette différence fait également suite aux recettes additionnelles relevées par la Commission ECOFIN du Sénat.
À l’issue du vote, et face à cette divergence entre les deux chambres, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a annoncé la mise en place prochaine d’une Commission mixte paritaire Assemblée nationale-Sénat afin d’aplanir les divergences. L’objectif est de parvenir à un texte unique qui devra être adopté à nouveau par les deux chambres du Parlement avant sa transmission au président de la République pour promulgation.
« Sur les 109 sénateurs qui composent le Sénat, 79 ont pris part au vote. 79 ont voté oui, aucun n’a voté non et aucun ne s’est abstenu. En conséquence, le Sénat adopte le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Je signale que ce projet de loi n’est pas voté en des termes identiques par nos deux chambres. Ainsi, conformément aux articles 135 alinéa 2 de la Constitution et 138 alinéa 2 de notre règlement intérieur, une Commission mixte paritaire sera mise en place incessamment pour traiter ces divergences et nous revenir avec un texte unique », a déclaré Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, président du Sénat.
Présenté par le gouvernement de la République démocratique du Congo avec un budget initialement équilibré en recettes et en dépenses à hauteur de 50 295,1 milliards de francs congolais, soit l’équivalent de 21,9 milliards de dollars américains, ce projet affichait une baisse de 7,4 % par rapport au budget initial, qui s’élevait à 54 335,8 milliards de francs congolais (CDF), soit environ 22 milliards de dollars américains.
Ce projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026 avait été adopté en amont par le gouvernement de la République. Ce texte stratégique pour le fonctionnement de l’État et de ses institutions a été présenté par le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, le mercredi 20 mai 2026, lors d’une réunion extraordinaire du Conseil des ministres présidée par le chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Ce collectif budgétaire vise à adapter les prévisions initiales à l’évolution récente de la conjoncture économique, aux exigences de soutenabilité des finances publiques ainsi qu’aux priorités nationales. Le gouvernement avait indiqué que ce projet avait notamment pour objectif d’aligner les prévisions budgétaires sur le nouveau cadrage macroéconomique, d’intégrer les ressources issues des emprunts extérieurs, notamment les eurobonds, et de soutenir les projets structurants, parmi lesquels les infrastructures de base ainsi que le programme présidentiel de promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes.
Après l’aplanissement des divergences, le texte sera soumis à nouveau à l’adoption des deux chambres. En cas de désaccord persistant, la version adoptée par l’Assemblée nationale sera retenue et transmise au chef de l’État pour promulgation. Cette question figure parmi les matières inscrites au calendrier de la session extraordinaire des deux chambres du Parlement, à savoir l’Assemblée nationale et le Sénat.
Clément MUAMBA