Lubero: plus de 5 000 élèves privés d'école cette année après la fermeture de plusieurs établissements à Mwenye 

Salle de classe dans une école à Beni
Salle de classe dans une école à Beni

Dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, l'insécurité persistante attribuée aux incursions des rebelles des ADF continue de compromettre l'accès à l'éducation. Dans le groupement Mwenye, en chefferie des Baswagha, plus de 20 écoles primaires et secondaires ont été contraintes d'interrompre l'année scolaire 2025-2026, laissant plus de 5 000 élèves sans possibilité de poursuivre leur cursus.

Cette situation est mise en évidence dans un rapport de monitoring publié ce mercredi 8 juillet par le Conseil local de la jeunesse du groupement Mwenye. Selon ce document, les activités scolaires se sont arrêtées dès la fin du premier trimestre en raison de la dégradation de la situation sécuritaire, marquée par des incursions répétées des combattants ADF dans plusieurs villages de la zone.

Le Conseil local de la jeunesse alerte sur les conséquences de cette interruption prolongée des cours, notamment le risque d'abandon scolaire, d'enrôlement des jeunes dans des groupes armés, de mariages précoces et d'exploitation des enfants, dans un contexte où les familles vivent déjà sous la menace permanente de l'insécurité.

" Plus de 20 écoles sont restées fermées et plus de 5 000 élèves ont vu leur année scolaire s'arrêter au premier trimestre. Si rien n'est fait rapidement pour restaurer la sécurité, ces enfants risquent de perdre totalement leur avenir scolaire ", a déclaré Prince Kasyano, président du Conseil local de la jeunesse du groupement Mwenye.

Face à cette situation, Prince Kasyano lance un appel pressant aux autorités congolaises et aux services de sécurité afin de renforcer les dispositifs sécuritaires dans cette partie du territoire de Lubero. Il estime que le retour de la paix est une condition indispensable pour garantir une rentrée scolaire normale lors de l'année scolaire 2026-2027.

" Nous demandons au gouvernement de prendre des mesures urgentes pour sécuriser notre groupement. Les enfants ont droit à l'éducation et ne doivent pas continuer à payer le prix de l'insécurité. Nous voulons que les écoles rouvrent dès la prochaine rentrée scolaire ", a-t-il insisté.

Alors que l'éducation reste l'un des secteurs les plus touchés par le conflit dans l'est de la RDC, les acteurs locaux craignent que cette nouvelle interruption scolaire n'aggrave davantage la crise éducative et humanitaire qui frappe le territoire de Lubero.