Après avoir raconté son propre cheminement de la douleur vers la reconstruction dans “Les mots de mes maux” et “Amour et croissance”, l’autrice, juriste et activiste Bybyley Salama poursuit son engagement littéraire avec deux nouveaux ouvrages : « Le poids de deux vies” et “L’amour au creux de nos blessures”, parus aux éditions Ukweli et présentés officiellement le 20 juin dernier à Goma.
Désormais disponibles en ligne, notamment sur Amazon, ces deux livres prolongent le parcours littéraire entamé par l’écrivaine, en élargissant son regard à des réalités sociales qui touchent de nombreuses femmes, particulièrement les mères célibataires et les survivantes de violences psychologiques.
Dans un entretien accordé à ACTUALITE.CD, Bybyley Salama explique que ces deux publications constituent la continuité logique de son propre parcours de résilience.
« Je pense que c’est la continuité naturelle de mon parcours. Les mots de mes maux était le cri d’une femme qui essayait simplement de survivre. Amour et croissance marquait les premiers pas vers la guérison. Avec Le poids de deux vies et L’amour au creux de nos blessures, je vais plus loin. Je ne raconte plus seulement une reconstruction personnelle, mais aussi une reconstruction sociale, affective et humaine », affirme-t-elle.
Selon l’autrice, son écriture a profondément évolué depuis ses premiers ouvrages, rédigés alors qu’elle traversait une période de grande souffrance.
« Au début, j’écrivais pour ne pas sombrer. L’écriture était une nécessité, presque une respiration. Aujourd’hui, j’écris avec davantage de recul. La douleur est toujours présente dans ma mémoire, mais elle ne dirige plus ma plume. Écrire sur la résilience demande parfois autant de courage que d’écrire sur la souffrance, parce qu’il faut accepter de revisiter ses blessures tout en gardant suffisamment de lumière pour montrer qu’un autre chemin est possible », confie-t-elle.
Donner une voix aux mères célibataires

Avec “Le poids de deux vies”, Bybyley Salama choisit de mettre en lumière le quotidien souvent silencieux des femmes qui élèvent seules leurs enfants. Au-delà des difficultés matérielles, elle souhaite attirer l’attention sur le poids du regard social et des préjugés auxquels ces femmes sont confrontées.
« J’ai voulu donner une voix à des milliers de femmes dont le courage est souvent banalisé. Être mère célibataire, ce n’est pas seulement assumer seule un enfant. C’est aussi porter le poids des responsabilités, des difficultés économiques, des jugements, des regards et parfois de la solitude. Je voulais que ces femmes se sentent enfin vues, comprises et respectées », explique l’écrivaine.
Juriste de formation et engagée dans la défense des droits des femmes, elle espère également que ce livre contribuera à faire évoluer les mentalités et à renforcer la protection des femmes et des enfants en République démocratique du Congo.
Transformer les blessures en espérance

Dans “L’amour au creux de nos blessures”, l’autrice s’intéresse davantage au chemin intérieur qui conduit vers la guérison. Pour elle, les blessures du passé ne doivent pas empêcher de croire à une nouvelle vie, à condition d’apprendre à se réconcilier avec soi-même.
« Tout commence par la réconciliation avec soi-même. On ne peut pas construire un amour sain tant qu’on croit ne pas le mériter. Il faut apprendre à guérir, à poser des limites, à reconnaître sa propre valeur et à ne plus accepter ce qui nous détruit. Aimer de nouveau, ce n’est pas oublier le passé. C’est choisir de ne plus lui donner le pouvoir de décider de notre avenir », soutient-elle.
Si les deux ouvrages peuvent être lus séparément, Bybyley Salama les présente comme les deux faces d’une même histoire : l’une raconte les combats visibles du quotidien, l’autre explore la reconstruction intérieure. Leur fil conducteur reste la résilience et la conviction que les épreuves ne définissent pas définitivement une existence.
L’écrivaine affirme que chacun de ses livres conserve une dimension thérapeutique, autant pour elle que pour ses lectrices. Le témoignage qui l’a le plus marquée depuis la parution de ses ouvrages est celui d’une femme qui lui a confié avoir retrouvé l’envie de croire en elle après sa lecture. Pour Bybyley Salama, c’est précisément cette capacité des mots à redonner de l’espérance qui donne tout son sens à son engagement littéraire.
Kuzamba Mbuangu