Ebola : deux morts dont un policier dans l'attaque d'un centre de traitement à Nia-Nia (Ituri), des patients en fuite  

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Des volontaires de la Croix-Rouge

La riposte contre la maladie à virus Ebola a subi un nouveau revers en Ituri après l'attaque du Centre de traitement Ebola (CTE) de Bafwabongo, dans la zone de santé de Nia-Nia (territoire de Mambasa). Les violences, survenues mardi 30 juin, ont fait deux morts, entraîné l'incendie de l'infrastructure sanitaire et provoqué la fuite de patients confirmés et de cas suspects d'Ebola dans la communauté.

Selon des sources coutumières locales, les affrontements ont éclaté lorsqu'une partie de la population a refusé de remettre aux équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés la dépouille d'une personne soupçonnée d'être décédée de la maladie d’Ebola. La situation a rapidement dégénéré. Des habitants ont pris pour cible plusieurs installations sanitaires avant d'incendier le centre de traitement d'Ebola.

Le bilan provisoire fait état d'un civil et d'un policier tués. L'agent a été lynché alors qu'il tentait de rétablir l'ordre.

Le médecin-chef de zone de santé de Nia-Nia, le Dr Joseph Pemakanakue, a indiqué que le centre accueillait au moment de l'attaque deux patients confirmés positifs à Ebola ainsi que sept cas suspects.

"Après l'incendie du centre, les deux patients confirmés et les sept cas suspects se sont dispersés dans la communauté. Cette situation accroît considérablement le risque de propagation du virus. La manipulation par des habitants de la dépouille d'un cas suspect constitue également une source majeure de contamination", a alerté le Dr Joseph Pemakanakue.

Le responsable sanitaire a par ailleurs regretté que les alertes répétées adressées aux autorités sur la nécessité de sécuriser le centre de traitement n'aient pas été suivies d'effet.

"Nous avions sollicité à plusieurs reprises le renforcement de la sécurité autour de cette structure. Malheureusement, aucun dispositif permanent n'avait été mis en place malgré les tensions observées dans la zone", a-t-il déploré.

Cette attaque intervient dans un contexte de méfiance persistante entre les communautés et les équipes de riposte. Depuis la déclaration de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, le 15 mai 2026, plusieurs incidents similaires ont été enregistrés en Ituri. À Mongbwalu, épicentre de l'épidémie, un centre de traitement avait déjà été pris pour cible, provoquant la fuite de patients confirmés et suspects. Un autre incident avait également été signalé dans la zone de santé de Rwampara, près de Bunia.

Pour plusieurs acteurs sanitaires, ces violences illustrent la nécessité de renforcer à la fois la sécurité des infrastructures de santé et le dialogue avec les communautés. Ils estiment que l'adhésion de la population demeure un facteur déterminant pour contenir la propagation de l'épidémie.

Freddy Upar, à Bunia