CENCO: la position contre le changement de constitution divise, des prêtres de Kananga se dévoilent

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Le débat houleux sur le changement constitutionnel n’agite pas seulement la classe politique congolaise. Il s’est importé au sein de l’Église catholique, où il diverge curieusement les avis des prêtres.

L’absence de la signature  de Monseigneur Emmanuel Bernard Kasanda Mulenga, évêque de Mbuji-Mayi, dans la déclaration radicale de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) rejetant en bloc le projet de changement de constitution, était un signe avant-coureur d’une division intestine. 

Dans une mise au point signée par près de vingt prêtres de l’archidiocèse de Kananga, la déclaration de la CENCO du 19 juin, que ces prêtres considèrent comme étant « ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision », est remise en cause, et « ne peut s’ériger en une institution de la République ».

Ces abbés, qui mettent avant le bien-être sociopolitique des Congolais, sont convaincus que le message des évêques de la CENCO ne saurait empêcher le changement de la constitution de février 2006, « ni l’expression du libre arbitre des citoyens », mais représente, pour eux, la vitalité de l’expression démocratique. 

Sans ambages, ils ont exprimé leur soutien au changement de la loi fondamentale par le « moyen légal », estimant constitutionnelle la démarche de la révision ou de changement, à laquelle s’oppose farouchement l’ensemble de l’opposition.

Par ailleurs, ils exhortent les Congolais « à l'amour du pays et de l'Église ainsi qu'à leur sauvegarde, au soutien des actions du président de la République, à la promotion de la culture de l'unité des Congolais et à la tolérance de toutes les tendances politiques et confessionnelles ».

Si la CENCO reste catégorique à sa position, soulignant l’inexistence d’une nécessité, d’urgence encore moins de l’opportunité de toucher à la loi fondamentale au péril de la balkanisation de la RDC, l’Église de Réveil au Congo (ERC), favorable à l’initiative du régime Tshisekedi, évoque un ainsi dit l’éternel derrière son soutien. Son président, l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia refuse l’idée d’une quelconque opposition de la population au changement de Constitution, fustigeant la posture des opposants qu’il estime minime. 

En tête d’affiche d’un forum des pasteurs favorables au changement de la loi fondamentale promulguée en 2006 par Joseph Kabila, Ejiba Yamapia estime que l’actuelle Constitution représente un frein au vent du développement que les accords avec les États-Unis doivent amener en RDC.

Présentée comme une manœuvre pour avaliser le changement constitutionnel tant réclamé au sein de la majorité au pouvoir, la loi organisant le referendum en RDC, proposée par le député national Paul-Gaspard Ngodankoy et adoptée par le parlement, sera soumise en examen de sa constitutionalité la cour constitutionnelle, a annoncé le président de la République, Félix Tshisekedi, dans son discours à l’occasion du 66ème anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo.

Samyr LUKOMBO